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The Ranums' Panat Times
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A Manuscript about French Secretaries of State, 1300-1647 (segment for 1500-1600) BnF ms. Cinq Cents Colbert 136/Ms. Fr. 18236, This transcription has been subdivided into eight sections. The first three are century-by-century discussions of the secretaires d'Etat; the final four focus upon specific secretaires d'Etat: 1300-1400
1400-1500
1500-1600 For the contents of each section, see the Introduction to this transcription Sur les secrétaires d'Etat au XVIe siècle
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reproduces folios 398-406 of BnF, ms. Cinq Cents Colbert 136. Et l'annee 1482 le Roy Louis xi accorda au college de ses Nottaires et secretaires quil reduisit au nombre de cinquante neuf d'ont il faisoit le soixantiesme les grands privileges et exemptions speciffiez es lettres de Charte quil fit expedier en cette année, Les secretaires des finances desirent les mesmes advantages et obtinrent du Roy francois ses lettres du mois D'Avril 1519 par lesquelles il leur accorda par mesme Ledict au'aux officiers de la Chambre des Comptes et Tresoriers de france es privileges plus amples que ceux des notaires et secretaires du Roy soit pour la commençalité ou pour les autres exemptions lesquelles sont toutes exprimées par cest Edit. Par Ledict que le Roy fist expedier [389v] au mois D'aoust 1542 il voulut retrancher les abus commis jusques alors par les Chancelliers de france lesquels s'estoient attribuez la puissance de pourvoir a plusiers offices, Loyaux gagéz et sans gages et tournoient a leur profilt les amendes et confiscations adjugées pour raison des faussetes commises aux lettres patentes et sceaux, pour le jugement desquelles ils commettoient tels juges que bon leur sembloit et ainsy estoient juges et parties. Par iceluy et leur d'effendit absolument de pourvoir d'oresnavant a aucuns offices et de prendre lesdictes confiscations pour faussetés, cest Edit registré au parlement et la Chambre des Comptes au mois de septembre 1542 contient une deffence de signer n'y expedier aucuns offices soit par don ou vente sinon par ceux qui ont pouvoir du Roy de signer en finance. [390] La deffence qui estoit faicte aux secretaires autres que des finances estoient particullierement pour empescher que le chancellier ne fit signer au desceu du Roy avec la mesme facilité quil avoit fait auparavant dans le grand nombre de ceux qui signoient en finance. Les provisions des offices desquels la disposition luy estoit interdite, quil pouvoit sceller en particullier sans que personne en eust connoissance estans signées par quelqu'un qui despendit de luy. Comme les commissions pour signer en finance estoient des Tesmoignages de la bonne volonté de noz Roys, et un moyen pour gratiffier ceux qu'il ayent faict pour limiter le nombre des secretaires qui signeroient en finance ils ne l'ont jamais observé, ainsy que ie l'ay desja [390v] remarqué, et ont en mesme temps que les reglemens ont esté faicts accordé des dispenses pour signer les expeditions des finances et donné des commissions nouvelles ou restably ceux qui avoient est[é] interdicts ce reglement de l'an 1542 ne fut pas mieux observé que les precedens le Roy ayant choisi Claude de Laubespine depuis secretaire d'Estat et guillaume prudhomme pour signer les provisions d'offices et autres expeditions des finances en l'absence des secretaires des finances quil avoit retenuz les lettres qui en furent accordées ausdicts sieurs de Laubespine et prudhomme sont données a Montpelier le 23 jour d'Aoust 1542. Ensuitte les autres secretaires interdicts furent restablis. Tous les reglemens faicts depuis [391] ce temps n'ont pas eu plus d'effect que celuy la, nos Roys ayant tousjours accordé de nouvelles lettres a ceux qu'ils avoient interdicts. Le Roy henry 4e voyant la grande charge de ses finances pour le payement des pentions de ces commissionnaires y remedia en les revocquant absolument en lannée 1605 et en choisit seullement vingt six ausquels il donna la qualité de Notaires, et en composa un College de Clercs notaires et secretaires du Roy et de ses finances pour jouir des mesmes droicts et faire les mesmes fonctions que les anciens Notaires et secretaires du Roy. Je n'ay rien dict de particullier des secretaires d'Estat compris anciennement soubs le nom de secretaires il est temps d'en parler et de toucher succinctement ce qui les concerne. [391v] Jay remarque que le Roy choississoit entre ses Clercs et nottaires ceux que bon luy sembloit pour servir en ses conseils aux compagnies souveraines et autres lieux que l'on nommoit secretaires du Roy ausquels il doubloit les gages et leur donnoit six sols parisis par jour outre les six sols parisis qu'ils avoient comme notaires lesquels secretaires estoient simples secretaires. Il y en avoit d'autres plus considerables pour leur employ que le roy tiroit aussy du nombre de ses Clercs et Notaires ausquels il donnoit douze sols parisis par jour outre leurs gages ordinaires qui estoit le double des gages que touchoient les secretaires ordinaires ceux la estoient employez pour faire scavoir la volonté particuliere du Roy et estoient en la place que les Clercs du secret avoient tenüe soubs le [392] Roy Philippes le Bel et ses predecesseurs, ces secretaires servoient aux affaires d'Estat et ayans receu le commandement du Roy expedioient les dons et autres expeditions des finances a l'exclusion de tous autres, Or comme cest employ estoit consideré particullierement pour le profict qui suivoit la distribution des finances qui passoit par leur plume quand le Roy leur en avoit donné le commandement et que les finances sont le mobile qui donne le mouvement a tout le corps d'un estat, en cette consideration ilz furent appellez secretaires des finances, lequel nom fut depuis usurpé par les secretaires ordinaires, et par ceux qui obtinrent des commissions pour jouir de mesmes gages que les secretaires des finances, quoy qu'ils n'eussent aucun employ, qui furent tous appellez secretaires des finances, et n'y a eu distinction pour le nom [392v] entre ceux qui servoyent actuellement aus affaires d'Estat et les autres secretaires qui depuis le regne de Louis xii et francois premier soubz lesquels ceux qui servoient aux affaires d'Estat ont pris le titre de secretaires d'Estat et des commandemens avec celuy de secretaires des finances qui leur est demeuré jusques apresent. C'est la veritablement ce qui a donné le nom aux secretaires des finances qui n'appartenoient proprement qu'a ceux qui servoient le Roy et recevoient ses commandemens. Les gages mesmes qui au commencement estoient differens entre les secretaires ordinaires et les secretaires des finances, furent soubs le regne de Charles 7 renduz esgaux et de douze sols parisis par jour a tous les commissionnaires soit qu'ils fussent [393] secretaires ordinaires ou extraordinaires et des commandements et finances jusques a ce que les gages ayent esté augmenté a douze cens livres par an a chacun secretaire et mis depuis a mil livres comme ils estoient lors de la reduction desdicts secretaires des finances des annees 1547 et 1605 ce que ie desire particulariser en ce lieu pour ce qui est des secretaires d'Estat quoy que j'aye faict un chapitre particulier de leurs gages et de leurs augmentations. Soubs le Roy Charles 7 les gages des secretaires des finances qui sont a present noz secretaires d'Estat nestoient que de douze sols parisis par jour outre les six sols parisis par jour qui estoit attribuéz a leurs charges de Notaires du Roy, au lieu desquels le Roy louis xi leur donna une pention de douze cens livres par chacun an a condition [393v] quils ne prendroient aucuns esmoluments des expeditions quils dellivreroient comme ilz avoient auparavant accoustumé de faire. J'ay veu quelques parties employées dans le Compte des finances de france apresent a l'espargne rendu depuis le 20e Janvier 1484 jusques au dernier septembre 1485 soubs le nom de Jean Robineau et Jean de la Primaudaye Notaires et Secretaires de Roy et commis a signer au faict des finances au Chapitre des pentions gages ordinaires et entretenemens avec l'arrest de la Chambre intervenu sur l'employ desdictes parties qui donne une lumiere entiere de ces gages et pentions. A Jean Robineau Notaire et Secretaire du Roy et secretaires [sic] de ses finances pour ses gages [394] et entretenement au service du Roy.................ii m[ille] Lxxiii lt xv s t[ournoi]z Videantur arrestem positum sub nominé magistri johannes de la primaudaye et dicti robineau. A Maistre Jean de la primaudaye Notaire et Secretaire du Roy commis a signer au faict et estat de ses finances pour sa pention et entretenement........xii c[ent] lt A Me Jean Robineau Notaire et Secretaire du Roy commis a signer au faict des finances pour sa pension de dix mois.........................................................m[ille] lt Ordinetur super ista parté et proxima sequenté quoniam videntur ista pensiones excessivae nam de temporé regis Karoli septimi secretarii financiarum solebant caperé seu haberé pro [394v] suis vadiis et signatura xviii s parisis per diem solum, et expost Rex Ludovicus ut nullum salarium aut aliam mercedem accipereni pro suis poenis et laboribus faciendi litteras et expeditiones predictarum financiarum eis ordinavit xii c[ent] lt per annum prout constat per rotulos receptorum generalium, sed tamum a praedicto salario aut mercede exigendo non cessant, imo ut solebant accipiunt intentioni dicti regis Ludovici contraveniendo etiam una cum hoc accipiunt instatibus normamiae C[ent] lt tz et instatibus linguae octitanae C lt tz quaré ordinetur, viso dicto Rotulo transeat pars pro Receptoré sed sibi ordinatum fuit notifficaré gentibus financiarum presentem difficultatem ut habeant advertiré Regem et suum consilium ut provideatur super [395] contentis ordinatione dominarum. Sur quelques autres parties de semblables pentions la Chambre ordonne que les secretaires des finances qui les ont touchées viendront faire serment a la Chambre qu'ils n'ont pris aucun salaire des expeditions quils ont dellivrees et que si le contraire se veriffie l'on recouvrera sur eux ladicte pention. Les secretaires des finances firent depuis ce temps augmenter leurs gages ensorte qu'en lannée 1547 quils furent reduicts a 4 pour servir aux affaires d'estat ils avoient xvi c[ent] xxiii lt x s de gages. J'ay dit a mon advis succintement touchant l'establissement et fonction des Clercs Notaires et secretaires du Roy et secretaires des finances [395v] en general ce que l'on en peut desirer pour connoistre la nature et condition des charges des secretaires d'estat il reste maintenant a faire voir comment les secretaires d'Estat qui ne prenoient qualité que de secretaires des finances ont esté reduicts a quatre et se sont ordinairement qualifiez secretaires d'Estat et des commandemens et finances et en ont obtenu le titre par leurs provisions. Le Roy francois premier avoit faict choix entre les secretaires des finances de ceux qui avoient le plus de merite et d'experience pour servir aux affaires d'Estat et des finances tant pres sa personne qu'en ses Conseils, Robertet Burgensis, Gilbert Bayard sieur de la fon, qualifié secretaire d'Estat an commencement du traicté de Crespy de l'an 1544 Breton, de Neufville, Bochetel, Laubespine et autres faisoient digneme[nt] [396] leur debvoir en ces commissions du moment qu'il fut decedé le connestable de Montmorency qui eut l'authorité entiere soubs le Roy henry 2, congedia tous les secretaires des finances qui estoient dan l'employ et ne retint des anciens pour signer les affaires d'Estat que bochetel et Laubespine et fit expedier le premier jour d'Avril avant pasques le lendemain de decedz du Roy francois premier, des lettres de provision purement et simplement de secretaire des finances Cosme Clausse sieur de Marchaumont et pareilles lettres le jour suivant a Jean du Thieri notaire et secretaire du Roy et receveur de sens qui n'estoient auparavant secretaires des finances et donna a eux quatre seuls le pouvoir de signer les affaires d'Estat et des finances je l'ay appris par la Copie d'une lettre du quatriesme April 1547 escrite par Monsieur Bochetel a Monsieur de Laubespine son gendre par laquelle [396v] il luy manda que Monsieur le Connestable les avoit retenus tous deux avec Marchaumont et le receveur de Sens pour signer les affaires d'Estat. Lettre de Monsieur Bochetel a Monsieur de Laubespine son gendre touchant la mort du Roy francois premier et de la mutation de quelques ministres. Mon fils j'ay presentement receu la lettre que m'avéz escrite par ce porteur vous advisant qu'un jour ou deux avant le trepas du Roy nostre maistre je vous fais scavoir par la poste l'extremité de sa maladie par ou vous pouviez [397] bien conjecturer qu'il n'y avoit pas grande esperance en son affaire - Maistre Jacques Bourdin vous en a depuis escrit et cejourd'huy ie vous en ay encores escrit par Alincourt tant y a que le dernier de l'autre mois entre deux ou trois heures apres midy il rendit l'ame a Dieu et vous advise qu'il y a cent ans quil ne mourut prince avec si grande contrition ne repentance et en si grance connoissance de Dieu qu'il a fait, le jour mesme qu'il mourut nous demendasmes Monsieur le general Bayard et moy au Roy qui est apresent ce qu'il luy plairoit que nous fissions dautant que nous avions plusieurs lettres et pacquets a quoy n'avoit esté respondu il nous fit response que nous le suivissions ce que nous avons fait Messieurs les Cardinal de Tournon et Admiral sont demeurez avec le Corps en ce lieu et le jour mesme que le Roy y arriva y arriva pareillement Monsieur le Connestable [397v] qui incontinant a embrassé tout le fais des affaires je me suis presenté a luy et vous advise qu'il ma faict bonne chere me disant qu'il estoit mon amy et qu'il me le donneroit a cognoistre, Marchaumont et le receveur de Sens ont esté créez Secretaires des finances j'ay mis peine de sentir comme nous en estions vous et moy et ma'on assuré que le Roy en avoit bonne opinion et se vouloit servir de nous, j'ay recommandé vos affaires a Monsieur le Connestable qui m'a confirmé ce que dessus et ma dit que les matieres d'Estat se despecheroient par Marchaumont vous et moy et ledit receveur de sens il luy a pleu prendre mon fils pour le suivre et escrire soubs ses secretaires Marchaumont s'advance tant qu'il peut et je me retire neantmoins ie continue a despescher tout ce que j'ay accoustumé et trouvé qu'on me faict bonne chere et vous assure que [398] j'ay trouvé plus d'amis que ie ne pensois en une telle et si soudaine mutation le pauvre Monsieur general Bayard a eu congé assez estrangement comme ie vous diray et vous assure que quelque mal que j'aye receu de luy i'en ay eu pitié venez vous en quand vous voudrez car on vous fera bonne chere il y a beaucoup de mutations dont ie ne vous escriray pour cette heure quant a Monsieur l'Admiral le Roy n'en a parlé qu'honnestement de son traictement je ne scay quel sera touttesfois je pense que les Estats luy demeureront on dit que Monsieur le Cardinal de Tournon se veult retirer, voila ce que j'ay a vous escrire pour cette heure me recommandant a vous et priant Dieu vous donner ce que desiréz de Sainct Germain en Laye ce quatriesme Avril et audessoubs vostre bon pere Bechetel et sur le doz [398v] est escrit, A mon fils Monsieur de Laubespine Conseiller du Roy et Secretaire de ses finances. Le 14 septembre 1547 Le Roy confirma le choix qui avoit esté faict par Monsieur le Connestable et par ses lettres pattentes dudict jour apres avoir faict mention qu'incontinant apres son advenement a la Couronne il avoit choisy les sieurs Bochetel de Laubespine Clausse et du Thiert pour expedier toutes les affaires d'Estat il leur donna a chacun iii m[ille] lt d'augmentation de gages outre les xvi c[ent] xxiii lt x s qu'ils avoient comme secretaires des finances.
Lettres patentes par lesquelles le Roy confirme l'eslection des [399] quatre
secretaires d'Estat et leur augmente leurs gages de trois mil Livres chacun.
Voila certainement en quel temps et de quelle façon les secretaires d'Estat et des commendemens ont esté tiréz du corps des secretaires des finances et le nombre limité a quatre lequel n'a point esté depuis augmenté au moins pour avoir suitte et pour la fonction. Au commencement ils ne prirent qualité que de secretaires des finances comme le portoient leurs provisions mais le temps les ayans affermis en leur establissement ils s'intitulerent secretaires d'Estat et des commandemens et finances et firent employer ce titre dans les provisions de ceux que le Roy receut en leurs charges a leur survivance ce qui a depuis esté suivy par leurs successeurs et hoirs. [402v] Il ne sera pas hors de propos de transcrire la Coppie des provisions de secretaires des finances de l'un dentreux afin que l'on puisse avoir dautant plus de cognoissance de l'estat ancien des secretaires d'Estat.
Provisions de Cosme Clausse sieur de Marchaumont secretaire des finances.
Il n'est point parlé danz ces [405v] provisions des affaires d'Estat mais seulement des finances. Le premier duquel les provisions ont esté expediées avec la qualité de secretaire d'estat a esté Claude de Laubespine le jeune fils de Claude de Laubespine seigneur de hauterive secretaire d'estat lequel fut receu a la survivance de son pere en lannée 1560 depuis luy tous ceux qui ont esté pourveus de l'une de ces quatre charges ont eu pareille qualité employée en leurs provisions. Les secretaires des finances prestoient le serment de leurs charges entre les mains du Chancellier ou de ceux qui avoient la garde des seaux de france comme firent Bochetel, de Laubespine, Clausse et de Thier, et apres eux les autres secretaires d'estat receus en leur lieu, encore que leurs charges eussent esté rendues plus [406] considerables par l'augmentation de leur employ et la limitation de leur Nombre, leur serment estoit en ces termes qui na esté changé et presté entre les mains du Roy que depuis l'année 1588 comme il sera remarqué cy apres. En lannée 1565 le Roy Charles 9 fit un reglement pour ce qui concernoit les finances et considerant que les 4 secretaires d'Estat estoient suffisans pour signer les expeditions des finances il deffendit a tous autres de les signer fors quelques secretaires des finances qui son nomméz dans les lettres. |