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The Ranums' Panat Times
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to opening page of Ranums' Panat Times Go to the page that lists the contents of the Prion manuscript! 21: Sur la médecine, les médecins et autres vicissitudes (fols 112-118) Voici une aventure ou pour mieux dire une Catastrophe la plus violente, qui puisse jamais arriver a un homme qui a été élevé a Paris, a Toulouse et dans les plus grandes villes de France, cependant elle n'arriva que trop, le premier Septembre 1743. L'Autr. de ces Memoires fut attaqué d'une Eresipelle, mal cependant qu'il ne connoissoit pas et qu'il ne connut que huit jours apres. Cette Eresipelle se plaça malgré le malade sur sa jambe droite, son genou s'enfla tant soi [sic] peu. Ses Amys et Amyes ne manquerent pas de le visiter dans sa maladie. On sçait que le petit peuple á la marote de voulir être tous des Sçavans Medecins, châque visiteur disoit que c'etoit un Clou, et châcun a sa fantaisie luy preparoient un remede different qu'on luy appliquoit sur la Partie affligée, et par la on ne faisoit qu'augmenter son mal. Tous les Maîtres Chirurgiens du lieu furent appellez. Les premiers visiteurs ne donnoient qu'un Clou, mais les Maitres Chirurgiens soûtenoient qu'il y en avoit trois. J'avois beau prier Mrs. les Chirurgiens de me saigner, ils n'en voulurent rien faire. Trois Ecclesiastiques grands Theologiens, mais trés peu Sçavans au fait de la Medecine, me firent plusieurs fois lhonneur de me venir voir dans le tems de mon mal, ils soûtinrent cependant le même Sisteme que Mrs. les Autres Princes de la Medecine en assurant aussi que mon [112v] genou êtoit attaqué de trois oú quatre fleurons, c'est autant que si l'on disoit cloux. tous ces peuples erigez par eux en Medecins ; que dis-je Medecins, il faut dire Docteurs d'Esculape a Leau froide. Ils tinrent un Conseil general touchant mon mal. Ils ordonnerent unanimement qu'on mappliqueroit des remedes exterieurs et caustiques sur la partie affligée deux fois par jour, lesquels remedes furent composez avec du Levain le plus aigre mélé avec du Savon et du Lard salé. Trois femmes moins blâmables que cette troupe innombrable de Medecins pour n'avoir point assisté au conseil de ces violents Empiriques furent commises pendant dix jours pour m'appliquer ces remedes exterieurs. Au lieu de guerir mon mal ne faisoient que laugmenter, il parvint a une violence si grande que les uns se preparoient a faire l'incision croisée, les autres à l'emputation. Je restai douze jours sans fermer la paupiere en criant toûjours misericorde. Si heureusement le dixieme jour je n'avois reconnu moi meme que c'êtoit une Eresipelle, j'allois sans coup ferir porter une Lettre de Change à l'autre monde. j'avois beau dire la verité, toute l'Ecole de Saint Cosme et de St. Damian de ce lieu assemblée soutenoient le contraire. Le Malade ne pouvant pas resister à tant de Conseils si pernicieux, n'y a la violence de son mal. Il envoya avec toute la diligence possible chercher Mr. Ducros de Galargues, lequel est [113] un homme d'une profonde erudition dans les Simptomes et Crises de toutes les maladies, et encore plus experimenté dans la Chirurgie. Au moment qu'il fût arrivé je le priai de me Saigner, il vouloit me le refuser, pour être de même Sentiment que de Mrs. ses confreres de ce lieu. Pour le resoudre a cela il falut que je luy parlat d'un ton bien haut. Enfin il me fit deux saignées bien emples ; ces deux operations éfusientes me guerirent radicalement, trois ou quatre jours aprés mon genou se desenfla. Il nêtoit pas difficile aux pretendus Cloux, n'y a la Loupe de disparoitre puis qu'il n'y en eut jamais. Voila à la verité une belle troupe de femmes, de Medecins, de Chirurgiens et d'Ecclesiastiques bien éclairés dans lart de la Medecine que de donner a une personne un mal qu'il n'a pas. Heureux mille fois heureux que d'avoir êchapé de leurs mains. Je ne leur impute pas a Dieu ne plaise leur bon coeur n'y l'amitié qu'ils avoient pour moy, mais leur peu d'experience dans la Medicine. Si au commencement de mon mal, ils eussent êté capables de connoitre un simple Eresipelle, une petite saignée m'auroit immanquablemt. gueri, au lieu qu'avec leurs remedes caustiques et brulans ils me conduisoient au grand galop Tambour battant et méche allumée à l'autre monde. Les Medecins ont, sans doutte, bien des confreres, dont ils se plaignent. Si [115v] Si [sic] châcun faisoit son Metier, ils s'en trouveroient beaucoup mieux. L'Auteur, dépuis sa guerison a observé que les Medecins sont de tous les gens de Lettres, les moins sujets a être malades. Jamais ils ne sont plus indisposez que tandis que tout le monde se porte bien. Il est vray que dans le tems des Maladies, ils sont plus exposés aux mauvais air : mais l'exercice qu'ils font ; et la joye de ne travailler jamais inutilement, leur servent d'antidote, Le plaisir non pas de nous voir languir, mais d'avoir l'occasion de nous rendre service, contribüe beaucoup á la Santé de ceux qui s'occupent de la nôtre. Un Avocat et un Medecin, êtant en contestation pour le pas, choisirent Mr. le Premier President pour leur Arbitre, qui le termina de cette maniere : que le Larron passe devant, et que le Bourreau le suive. Ainsi l'Avocat eut le pas, & le Medecin comme Executeur de la haute Justice, fut condamné a marcher aprés. Mr. Guenaud, Medecin, passant, un jour, sur le Pont au Change, y rencontra un grand embarras, qui l'empêchoit d'avancer. Un Charretier, qi l'apperçût, dit á un de ses camarades ; laisse passer ce Medecin. je le connois bien ; c'est celuy qui nous á fait la grace de tuer le Cardinal Mazarin. Entre les Medecins et
Marêchaux Dans Paris il y en à de trois couleurs qu'on appelle, Methodiques, Galieniques et Empyriques. Dieu veüille par sa sainte grace, nous garder, et nous preserver de ces gens qui font devenir les Cimetieres bossus. Qu'heureux est le Peuple l'ors que les Cuisiniers de la Medecine dorment. [114] je puis assurer que si c'est à moy a les éveiller ils dormiront long tems. Dans le Châu d'Aubaïs Dans l'espace de 32. années j'ay vû entrer ou sortir vingt deux coppistes où Secretaires. Et l'ors que la paresse venoit à les saisir j'allois les trouver dans leur Cabinet, et voici des Vers de mon crû que je leur dictois pour les animer à la vertu et les encourager a remplir leur devoir. Cher-Ami, plus nous
êcoutons la paresse, Un desquels me dit brusquement de me taire, sçachez dit il-Mon Amy que la profession d'un Poëte est un pauvre metier. Les Muses sont Vierges : Scavez-vous pourquoy ? disoit un homme qui les avoit Servies sans en devenir plus riche, c'est qu'elles sont si pauvres que faute de Dotte, elle n'ont pû trouver de Mari. Par le coup m'a versification ne fût pas bien reçûe. N'importe, sa rêponse brusque me choque peu. je suis content, il étoit endormi et je le reveilla. Le 1r. janvier 1742. j'ay vû
trois Curez á Requista Extrait des Registres des Bâtemes de la Paroisse de Requista Le onziéme octobre 1687. a été bâtisé Pierre [114v] Prion, fils d'Estienne Prion, Notaire Royal, et d'Anne Barthe du lieu de Requista par Maître François Nouvel Vicaire, son Parrain Pierre Garleng oncle maternel et sa marraine Jeanne Prion de la Planquette. En fois de ce me suis signé Guitard Recteur. Tiré de Son Original que j'ay devers moy, le neuviéme juin 1713. Ortholés, Curé de Requista. On dit qu'il faut vivre pour voir. Je vins au monde comme je lay deja dit le 11. octobre 1687 ; et un grand matin, une heure avant le premier crepuscule du jour. Et au moment que j'ecris ce memoire nous comptons le 15. Avril 1744. Cette Suputation faite cela faira le 11. Octobre de cette année 57. années complettes et revoluës. Si Dieu veut par Sa Sainte grace quoi que j'en soit indigne prolonger encore pour quelque tems mes jours sur la Terre, j'y consents de tout mon coeur. Et tout autant de tems d'une foi vive je le prierai pour en obtenir toujours Sa Sainte benediction, et celle de vivre sous sa crainte, afin de pouvoir un jour meriter un peu de part dans Son Saint Paradis. Un tems de cinquante Sept années est un espace assez grand et assez long pour voir bien des choses sur la Terre. Requista le lieu de m'a naissance, est une petite ville dans le Dioceze de Rhodez j'y ay vû mourir plus de ses habitans qu'il n'y en à aujourd'huy, et l'on n'y verroit pas dix personnes de celles qui êtoient contemporaines á mon âge. J'ay également vû dans Aubaïs dans lespace de 32. années le même renouvellement. Une Seconde et naturelle curiosité m'oblige de marquer de suite diverses particularités que j'ay vûes et reconnües sous mes yeux, comme par exemple L'hyver de 1709., generalement appellé le Grand hiver, le froid fût excessif, le Suc des [115] Plantes fût si épaissi qu'elles moururent presque toutes : le desordre general des Elemens & de toute la nature produisirent la quantité de fievres malignes, ce mal tua beaucoup de monde et il en mourut d'avantage par la famine. Lauteur de ces memoires, étoit alors âgé d'environ vingt trois ans. Il fut temoin occulaire de ce triste spectacle de la nature. La plus grande force de cette gélée dura dix jours, et châcun desdits jours il pleuvoit et en même tems il geloit d'une force demesurée, et avec une telle rapidité qu'elle faisoit êclater le tronc de tous les arbres les plus gros, la racine et la plante de tous les bleds également perirent par la même violence de ce meteore. Les animaux Sauvages de la campagne comme Loups, Lievres, Oiseaux, et de tant d'autres especes, furent en grande quantité trouvés par les champ [sic] morts par la même rigueur du froid. Ce bouleversement de la nature fit tout fremir ; le pauvre peuple se trouva dans une consternation qui n'a jamais eu d'égale. Ce malheur causa une si grande Disette que la famine fut generalle en France.On voyoit tout le pauvre Peuple, que la misere leur faisoit deserter leurs maisons et courir par troupes par les bois et les champs pour y manger les herbes qu'ils y pouvoient attraper, et en arracher les racines pour en faire du pain. Lon trouvoit á la campagne et sur les chemins la terre jonchée de Cadavres de tout Sexe et de tout âge, avec leur Sac et leur bouche remplie d'herbes. A la vûe de cette famine et maladie populaire, la terre porta Deüil et partout une affliction avec une consternation qu'on ne sçauroit assez exprimer. Lenormité de nos pechez avoient [115v] apesanti par ce fleau la main d'un Dieu vengeur de nos iniquitez. Il voulut irrité par nos crimes nous avertir par ce Signe de nous amender, afin que nous faisions penitence pour appaiser son juste courroux. Dans le tems de la rigueur de ce grand hiver l'Auteur restoit pour lors dans le Diocese de Vabres au lieu de Coupiac, toutes les fois qu'on etoit obligé de servir la Sainte Messe dans cette espace de froid. Il faloit se munir de'un Rechaud plain de feu pour degeler l'eau et le vin des Burettes. Le vin des meilleures Caves gela. Ceux qui en vouloient boire faloit qu'ils allumassent un grand feu aupres des Tonneaux pour le dègeler, gènèralement toutes les liqueurs furent figées pire et plus dur que le Marbre. Il faloit couper le pain avec une hâche. On voyoit par cette rigueur les Cloux des portes Sauter. Voici le recit en raccourci d'un Second fleau qui ne fit pas moins de ravage que celui que nous venons de décrire. On sçait que la Peste de David ne dura que trois jours, et celle de Marseille à duré pres de dix mois. Elle commença en 1720. Elle se repandit bientôt de la Provence en Languedoc, et principalement dans les villes, d'Aix, d'Arles, d'Avignon, de la Canourge et d'Alaïs. L'Auteur de ces memoires, l'ors de ce mal Contagieux, n'étoit guere éloigné de cette derniere ville que d'une petite journée. Ce fleau porta la désolation non seulement dans les endroits oú elle se glissa, mais encore une general consternation dans les esprits de tout le Peuple, calamité qui auroit encore porté plus loin le feu et la flâme Sans le Secours de nôtre bon Roy Louis XV. qui fit bloquer avec toutes ses Armées toutes les Provinces de son Royaume. C'est à luy a qui nous [116] nous sommes aprés Dieu redevables de la conservation de nôtre vie. Cette maladie Populaire étoit un fleau de Dieu qui ravage les Peuples qui ont irrité sa colere. C'est une maladie cruele que l'on ne guerit pas. Elle se communique, ses vrais preservatifs sont la flame et la fuite. L'on voit ordinnairement les Constitutions des maladies Epidemiques où Populaires suivre la revolution des Saisons, dont le cours est ordinnairment d'un Equinoxe, oú d'un Solstice à l'autre. Celle-cy á suivi à peu prés le même cours. Le 15. de Septembre. Elle fut dans sa plus grande vigueur sur les Galeres de Marseille. Dans cette ville il s'est sauvé un Sixiéme des Malades. Avec du soin on en auroit sauvé la moitïé ; Il faloit quarente jours de Supuration aux playes où Bubons, ce qui êtoit la plus sûre guerison de cette maladie. Il y eut des Quetes ordonnées dans tous les Dioceses du Royaume. Le Pape Clement XI. donna aux Marseillois pour les secourir pendant ce mal pestilential trois mille Charges de bled. Mr. Law, dont la France ne conserve pas d'ailleurs un Souvenir fort cher envoya aux Echevins cent mille francs pour les pauvres. J'etois á Aubaïs, l'ors que cette Peste y faucha quarante mille ames. Douze Medecins qui ont été rassemblés prés de dix mois dans Marseille pour le traitement d'une seule maladie, sans avoir jamais d'aigné se rëunir et conferer ensemble pour trouver, si non la veritable cause du mal. Du moins il me paroît qu'ils d'evoient plûtôt rechercher un remede efficace pour y remedier, oú pour fixer la veritable methode de le traiter. On les voyoit au contraire se partager en [116v] diverses bandes, et former pour ainsi dire diverses Sectes. Sur la nouvelle de cette Contagion Mrs. les Consuls á la tête de tous les habitans d'Aubaïs, furent eux mêmes bâtir de grandes murailles á pierre Seche tout au tour dudit lieu pour se garder contre ce fleau. Les femmes et filles de toute âge et de quelque qualité qu'elles fussent s'assemblerent aussi dez aussi tôt. Elles ordonnerent des prieres publiques qui fûrent établis et faites avec beaucoup d'edification. Elles s'appliquerent trés instamment aussi á ramasser beaucoup de preservatifs, dont elles en firent plusrs. Magasins, comme des aromats, herbes de la Ruë, d'autres ramassoient de la Chicorée Sauvage, des ails et des ognons, Et pour y vacquer avec plus de soin, elles se diviserent par bandes, celles cy ramassoient les boëtes de Baume, de Theriaque, et d'Orvietan, la troisieme bande de Confection d'hiacinte, Les femmes des Cordonniers, Bouchers et Savetiers apportoient de vieux cuir et des Cornes de Boeuf qu'elles faisoient bruler pour purifier L'air malin infecté de l'Epidemie. Celles qui sçavoient distiller faisoient des eaux ameres, une autre bande desquelles mettoient des Serpents et des Crapauts dans des Paniers disant que ces animaux boivent tout le venin. Le Soir l'ors quelles se couchoient et à toute heure du jour les unes se frotoient avec de L'ail, les secondes mangeoient beaucoup d'ognons, les autres se lavoient avec des eaux ameres, celles cy mangeoient tant d'orvietan et de confection d'hyacinte qu'elles sentoient á l'operateur d'un [117] quart de lieüe, d'autres se parfumoient tout le corps à la fumée d'une aîle de Perdrix, de Chapon où de Poularde, precaution qu'on trouva étre la meilleure. Le Vin blanc, le Muscat, les liqueurs êtoient pour quelques unes un antidote souverain. Le 3e. jour les hommes tinrent au même endroit un Conseil general, Mrs. les Consuls, Prion et Mr. Batifort pere y presiderent des premiers. Il y fut êtabli une Garde nombreuse, de laquelle l'on tiroit les Sentinelles que l'on mit aux portes et à la Sureté des murailles à pierre seche dudit lieu. Tous ceux qui ètoient attrapés de nuit, portant de Raisins êtoient arrêtés, et leur vol donné au Sentinelles pour leur servir de nourriture. Toute sentinelle trouvé yvre sur les fonctions de son dévoir étoit degradée pour trois jours. Un corps de Garde posé dans un poste le plus avantageux de ce lieu trouva á propos de l'aisser entrer le Sr. Pierre Benezet qui venoit de Marseille dans le tems que la Peste étoit la plus allumée, cela fût fait en considération qu'il étoit dudit Aubaïs. Messieurs les Paysants d'Aubaïs gens d'esprit et de merite craignoient plus pour le vol de leurs Raisins que pour la Peste. Dans le quatriême Conseil Gènéral, il fut êtabli un Bureau Souverain pour la Santé Les Principaux et les plus apparens du lieu Siégerent les premiers. Lesquels pendant trois jours s'y d'istinguerent par leur haute capacité avec beaucoup d'honneur. Il y feut dérechef publié une Ordonnance [117v] contre ceux qui infracteroient oú qui seroient attrapés ou convaincus d'avoir volé des raisins dans les vignes, de fruits dans les vergers, de choux et autres herbes dans les jardins, et que ceux même qui seroient attrapez á voler les Poules de quelque habitant, Seroient bannis du village, pour deux fois vingt quatre heurs. Cette vigilance et le bon ordre êtabli fit que la Peste ne parvint jamais jusqu'a nous. Aussi Messieurs les principaux habitans s'en glorifient beaucoup. Le Soin que les femmes y apporteorent, de leur côté pour s'en deffendre ne feut pas moindre. Châcune une partie du jour y tenoient un Balai entre leurs mains pour nettoyer leurs Maisons et les rües. Châcune avoit devant la porte de sa maison un Rechaut rempli de braise avec lequel elles parfumoient L'air et leurs Chambres. On n'avoit jamais vû une propreté égale a celle cy. Personne de quelque état et condition qu'elle feut ne pouvoit aller à la campagne sans étre munie d'un bon certificat pour attester Sa Santé. l'Auteur feut nommé pour les êcrire, en voici de suite le modele d'un que l'on á inseré dans ces memoires, afin de faire voir au public de la maniere qu'ils etoient faits et dressez. Nous Consuls, Manans & habitans du Bureau et Conseil gènèral de santé de ce lieu, certifions a tous ceux qu'il appartiendra que graces à Dieu la Santé des habitans de ce lieu est bonne, et qu'il n'y à aucun mal contagieux, prions tous ceux qi sont á prier de l'aisser passer et repasser Antoinette Roussel, habitante de ce lieu, âgée d'environ dix huit ans d'une taille [118] riche, cheveux noirs, le vïsage rond et beau, les yeux vifs. Les Sourcis desquels bruns, le geste du corps deliberé, la bouche petite, la phisionomie riante et heureuse, le teint blanc et delicat, le front relevé, Le col n'y long n'y court, ce que par nous consideré, et veu que temoignage de verité ne doit étre refusé á personne attendu qu'elle se conduit parmy nous en personne d'honneur & de probité, sans avoir commis aucune action, qui puisse luy être reprochée. C'est pourquoi aprés l'avoir recommandée á la protection divine, nous prions tous ceux qui sont á prier, et aupres desquels elle s'adressera de la vouloir laisser l'ibrement passer et séjourner et repasser, sans permettre que aucun tort n'y empêchement luy soit fait, mais au contraire la proteger, favoriser, même assister en cas de besoin en tout rencontre aux offres d'agir de la même maniere envers ceux qui de leur part nous seront ainsi adressez et recommandez. Fait á Aubaïs entre Laurore et le Lever du Soleil dans la troisieme Sale du Magazin General de la Santé en presence de Messieurs les Officiers dudit lieu le dixieme jour du mois de Septembre que nous comptons année mil sept cent vingt. Prion [signature et paraphe] officier du Bureau general de la bonne Santé d'Aubaïs. Voir les autres parties du
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