The Ranums' Panat Times

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29: D'autres choses curieuses vues par Prion ... (fols 147-155)

L'Auteur a vû a Paris et dans d'autres villes de France plusieurs Accademies de joueürs.

Rien n'est si grave et si serieux qu'une assemblée de Joueurs : une triste Severité regne sur leurs visages implacables l'un pour l'autre, & irreconciliables ennemis, tant que la Seance dure, ils ne reconnoissent n'y liaisons, n'y distinctions : le hazard seul, aveugle, et farouche divinité, preside au Cercle : & y décide souverainement : en un mot toutes les passions suspenduës cedent à une seule : c'est celle du jeu. Un joüeur n'a rien d'humain que l'apparence. Les remontrances ne corrigent point un joueür de profession, ce sont les revers de la fortune. Un joüeur toûjours distrait, toûjours soûpirant apres le gain, et toûjours roulant dans sa tête quelque incident, neglige d'ordinnaire le soin d'un êtablissement solide. Il y á peu de difference entre les joüeurs de profession & les voleurs. Il faut jouër pour se divertir, en sorte qu'on ne voye sur le visage des joüeürs n'y la crainte de perdre n'y la douleur d'avoir perdu. Il est assez ordinnaire aux joüeurs & aux joüeuses de se repentir inutilement & de retourner au jeu.

l'Auteur, êtant à Avignon, La curiosité l'obligea d'y voir la Sinagogue des Juifs. Il y vit les Rabbins prêcher leur Loy, les femmes juifves y sçavent toutes lire l'hebreu.

L'Auteur à vû la Disette de 1693. et 30 Thermomètres placées dans des Cabinets curieux, les personnages qui les occupent ne sont que ceux qui sont par trop fretilleux, ou trop chaleureux

Voici une Lettre êcrite de Montpelier a l'Auteur, touchant la Religion des Multipliants crée dans les villes de Montpelier et Lunel qu'ils professoient dans des maisons particulieres qui leur servoient de Temple.

On ápris, chez Mademoiselle de Verchant veuve á Montpelier, au Cartier Saint Guillen, six [147v] hommes, cinq femmes et deux Enfants, que selon leur deposition ont dit qu'ils professoient toutes les Religions que le St. Esprit leur inspiroit. Ils baptisoient au nom du Pere et du St. Esprit, et pour la matiere de ce Sacrement, ils se servoient de L'eau de vie. Ils exerçoient cette Religion dans Montpelier dêpuis dix mois, chez cette veuve.

Premieremt. dans une grande chambre, il y avoit une belle chaire à Précher, bois de Noyer. Au devant et à côté il y avoit trois Pavillons qui faisoient face a la Chaire. Il y avoit aussi une belle Lampe d'argent à neuf Luminoirs, devant le Tabernacle de Moïse. Dans cette chambre, il y avoit 24. Bancs à dossier, de trois places châcun pour placer le peuple innocent qui venoit pour professer cette fausse Religion. Le Predicateur de cette Religion d'abord qu'il avoit fini son Sermon prenoit sa plaine bouche d'eau de vie & la souffloit sur les assistans. Il y avoit aussi une Echelle entourée de Laurier, de Rubans, de Confitures seches, des Tourtillons, de liqueurs, des Oignans, et des ails. Ils disoient a ce peuple que cêtoit la L'echelle de Jacob. Ils portoient des Robes grises comme les Penitens avec des Barbes postiches, qui leur pendoient jusques a la ceinture. Ils avoient des bonnets présque faits comme une mitre, avec une aigrete au côté.

On voyoit dans une autre Chambre á côté de celle qu'on préchoit plusieurs Paillasses et Matelas, pour faire ce que leurs Predications finies, ils tiroient un Rideau qu'il y avoit davant la Chaire & leur disoient, ces paroles, Allés, Croissés et Multipliez. C'est le pere Eternel qui vous le Commande.

La Veuve de Verchant apprehendant que l'on ne la fit mourir, s'est declarée Enceinte dans [148] l'Interrogation que Mr. de Louis, Subdelegué de Mr. de Bernage luy á fait, lui a demandé de qui elle êtoit enceinte, elle á rêpondu qu'elle l'êtoit du Pere Eternel. Le Subdelegué luy à dit ou est-ce qui se tient ce Pere Eternel, elle à rêpondu qu'il êtoit dans un tonneau de sa Cave. D'abord Mr. Trincaire avec toute la Marechaussée eut ordre de Mr. le Duc de Roquelaure d'y aller pour se saisir de cet imposteur, et en entrant dans cette Cave, Mr. Trincaire dit ces paroles où est-tu Pere Eternel, d'abord une voix répondit ; Mr. Trincaire continuä & luy-dit Pere Eternel sort de ce Tonneau que je te ferai voir un Paradis que tu n'a jamais vû, d'abord il sortit un homme habillé de gris, portant une Estolle en Baudrier, avec une grande Barbe postiche en forme de Patriarche. Ce Pere Eternel est ce fameux Besson, que Mr. de Basville avoit mis sa tête à mille ecus.

Il y avoit une petite fille, habillée de blanc qu'on luy avoit donné le nom de Reine d'Ester, on devoit l'immoler le jour de Pâques en holocauste. On pretend qu'ils devoient sortir au nombre de 500. en Procession le jour de Pâques.

En janvier 1722. se fit à Lerma, la ceremonie des Epousailles de Louise Elizabeth d'Orleans, Reine d'Espagne, auparavant dite Mademoiselle de Montpensier, avec Louis Philippe Roy d'Espagne, fils aîné du Roy Philippe V. connu souls le nom de Louis Ir.

Le Massacre de Madame de Mïraman, par les Camisards, arrivé le 28. Nove. 1704.

Les Srs. de Malfontaine et de Calandre prisonniers êtoient du complot
Le 21. May 1705. jour de lAscension, Le Comte de la Barre Savoyard de Nation prisonnier a Pierre Ancise, assassina Mr. de Manville [148v] Gouverneur de cette forteresse. Sa Servante Le Cuisinier, le Jardiner et les soldats de la Gardent furent de même assassinez

Le 18. Août 1705. Gardes du Tabac fustigez jusques a éffusion de Sang dans le Couvent des Carmes a Lyon.

Madame Tiquet, Le 19. juin 1699., accusée et convaincuë d'avaoir voulu faire assassiner son Mari eut la tête trenchée á Paris.

1r. Novembre 1700. mort de Charles II. Roy d'Espagne.

Le 9. Fevrier 1714. Madame de Serignan eut la tête Trenchée a Aix avec ses deux fils tous les Trois convaincus d'avoir assassiné Mr. de Serignan Capitaine des Galeres, qui etoit mary de la Dame et Pere des deux Enfants.

Puis que l'Auteur parle de tout ce qu'il à veu. Ayant vû faire la Soye, par conseqt. ce ne sera pas une chose inutile, n'y desagréable de scavoir comment se fait la soye.

On prend de la graine des vers á Soye, que l'on met ordinnairement couver dans les Paillasses où Matelas du Lit, oú l'on couche dêpuis le commencement d'Avril jusqu'au 15. ou 16. du même mois, la graine êtant Eclose on prend de jeunes feüïlles de Murier, auxqules. les petits vers a soye s'attachent d'abord, on les met ensuite dans des couverts de boetes & sur du Papier, et deux fois du jour on leur donne de la petite feüïlle a manger. Dix ou douze jours apres qu'ils sont éclos ils ont leur premiere maladie, car ils en ont 4. regulierement, il est aisé de connoître qu'ils sont malades à leur air languissant, parce qu'alors ils ne mangent que trés-peu, il faut avoir soin aprés châque maladie de les changer d'habitation, il faut [149] pour cela leur presenter de la feüille fraichement cueillie, ils s'y attacheront, et ainsi on les transporte aisément d'un lieu á un autre.

Aprés qu'ils ont essuyé leurs 4. maladies ils deviennent en fraise, & alors ils mangent plus dans un jour qu'ils n'ont mangé dêpuis qu'ils sont éclos au 7. et 8. jour ils commencent a monter sur certains petits rameaux qu'on dispose à cet égard & où ils font leurs cocons qui dans 8. jours sont parfaits.

Quand on veut en tirer la Soye, on les met dans une espece de Chauderon avec de L'eau qu'on à soin dentretenir toûjours chaude et prête à boüillir, on y met plus ou moins de Cocons, selon la grosseur, dont on veut faire la Soye, laquelle estant une fois tirée, est donnée à devider, puis monteé au Moulin á Soye, du Moulin, elle passe à la teinture pour étre ensuite mise en oeuvre.

Le Cauchemar et l'Incube, oú l'Incube et le Cauchemar sont deux maladies, qui par leurs Symptomes se trouvent être presque égales par les maux qu'elles causent á l'homme. l'Auteur dans le cours de sa vie en á été de celle du Cauchemar attaqué quatre fois et de l'Incube cinq fois.

La premiere, qui est le Cauchemar est une maladie qui s'urvient á des personnes qui dorment, qui sont couchées sur le dos, & qui ont l'estomach rempli d'alimens pesans & de difficile digestion. Il leur semble qu'ils ont un gros poids sur la poitrine, dont-ils vont étre accablés : d'ou vient qu'ils s'imaginent que c'est quelque Spectre, [149v] phantome oú malin esprit qui les presse, et qui leur ôte la respiration. Elle est causée par une trop grande repletion d'estomach, qui empêche le mouvement du Diaphragme, aprés qu'on à trop mangé, et qu'on est couché sur le dos.

L'Incube est une maladie qui consiste dans une oppression de Poitrine, si grande qu'on ne peut respirer n'y parler. Elle se fait de nuit ordinnairement. En cette maladie les sens ne sont point perdus, mais êtonnés, endormis, et hebetez, aussi-bien que l'entendement et l'imagination, ce qui fait croire au patient que quelque ennemy se vïent rüer sur luy, ou le solicite á l'uxure. Les Enfants sont sujets à lincube, aussi bien que les personnes grasses, et les gens de Lettres, dont Lestomach a de la peine a faire la digestion. l'Incube est cousin germain de l'epilepsi et de Lapoplexie. Incubes est un nom que les Payens ont donné à certains demi Dieux, appellez autrement Faunes et Satyres. Ce nom vient d'Incube, coucher. parce que l'on feignoit qui desiroient fort la compagnie des femmes et qu'ils venoient quelques fois coucher avec elles la nuit. Neanmoins ce n'est qu'une simple maladie nommé aussi Incube, & par les Grecs Ephïaltes, c'est à dire, Sauteur, qui est une Suffocation, ou opposition du corps, laquelle se fait la nuit, à cause d'une vapeur êpaisse et froide, qui remplit les ventricules du Cerveau & qui empêche, que les esprits animaux ne soient portés par les nerfs. Ce mal est causé par les gourmandises, les Ivrogneries & les cruditez. [150]

Le 18. Novembre 1699. Le Roy Catholique, d'Espagne, alla changer d'air a l'Escurial, dans l'esperance d'y fortifier sa santé. Soit par un effet de curiosité, oú de devotion, soit par le pressentiment qu'il avoit dune mort prochaine, ce Prince voulut visiter le lieu destiné à recevoir ses cendres jusques à la fin des Siecles : il fit ouvrir le Tombeau de la Famille Royalle : on luy montra le cercuëil de Charles Quint so Bis-Ayeul, & celui de ses successeurs : ensuite on luy fit voir celui des Reines : Sa Majesté fit ouvrir le cercuëil de la Reine sa Mere, oú il n'aperçût qu'une Peau colée sur les os, il luy baisa la main décharnée : Sa Majesté fit aussi ouvrir celui de la Reine Marie Louise sa premiere Epouse, fille de Mr. le Duc d'Orleans. On assure qu'on y trouva son corps et ses habits aussi entiers que si elle n'avoit été ensèvelie que dêpuis huit jours, que même sa chair êtoit fort ferme : mais ce qu'il y a de plus certain, c'est qu'a cet aspect, le Monarque se sentit frapé des sentimens de la plus tendre amitié : les larmes luy couloient abondamment sur le visage : il voulut embrasser cette Illustre defunte ; ceux qui accompagnoient ce pieux Monarque l'en empêcherent et le forcerent pour ainsi dire de sortir d'un lieu aussi triste que celuy-la : en sortant il dit, je viendra vous tenir compagnie, ma Chere Reine, dans moins d'un an d'ici. Cette prediction (si l'on peut se servir de ce terme dans pareille occasion) fût accomplie : car c'êtoit le 18. Novembre 1699. que le Roy rendit cette visite lugubre á ses ancêtres : & le premier Novembre 1700. fut le derner jour de la vie de ce Monarque. Le lendemain on fit l'ouverture de son corps [150v] on luy trouva toutes les parties nobles presque pourries, et le coeur fort alteré : ensuite on l'embauma. Il êtoit né a Madrid le 6. Novembre 1661. Le 21. Octobre cy devant il parût sur Madrid à Midy une grande êtoile fort brillante du côté de France dans le tems que le Soleil, étoit encore en sa force et fort lumineux.

L'Auteur à vû faire le Sel sur les côtes du Bas Languedoc, persuadé que les Languedociens ne sçauroient se passer de ce

Divin baume de la nature
Riche semence des Metaux
Effroi des Esprits infernaux,
Ennemy de la pourriture,
Simbole de l'eternité,
Pere de toute humilité,
Qui dans nos Seins verse des flammes,
Ame immortelle du Ragoût,
Belle Neige qui nous enflamme,
Et produit les plaisirs du goût.

L'Auteur à dit cy-dessus qu'il a vû en son vivant 51. Carnaval. Les Italiens appellent Carnovale, comme s'ils vouloient dire, A dieu la Chair ? les Chrêtiens imitent entierement dans ce tems-la les superstitions payennes : car les Anciens celebroient au mois de Fevrier, les Baccanalles, en l'honneur de Bacchus, ces Fêtes n'êtoient autre chose que des excés de débauche et de courses vagabondes ; les gens se masquoient et se deguisoient comme nous ; on s'y abandonnoit à toutes sortes de dissolutions ; on disoit sous ce deguisèment des paroles libres et équivoques, en ce tems-la comme en celui-cy, on ne distinguoit n'y [151] les âges, n'y le Sexe, on ne connoissoit ny pudeur dans les femmes, n'y gravité dans les Magistrats : Les grands se trouvoient confondus parmy les petits, châcun se faisoit un merite de paroître tout autre qu'il n'êtoit.

L'Autr. à vû plusieurs personnes chercher la pierre Philosophale, à laquelle on à travaillé dépuis long-tems, ce qui n'a servi jusqu'a present qua ruiner la plus grande partie de ceux qui y ont travaillé, et à en conduire un trés-grand nombre sur l'êchaffaut. La veritable pierre Philosophale consiste en la sobrieté du jeu, des Femmes, & de la Table, en la modestie des habits, des ameublemens et des Equipages. L'excés sur ces six chefs à toûjours derangé, & souvent renversé la fortune des hommes.

L'Autr. apprit à Paris que le grand secret de bien reussir dans la conversation est d'admirer peu, et d'ecouter beaucoup, de se defier toûjours de sa raison, de ne se piquer jamais d'avoir de l'esprit, et de faire paroitre tant qu'on peut celuy des autres. Quand-on écoute volontiers, & sans jalousie, on se rend agreable.

Les Allemands dresserent une Pyramide afin de l'aisser à la posterité le souvenir de la journée d'Hochstet. Un Poëte François á fait un Sixain, qui prouve le m'êcontentement que luy à donné ce nouvel édifice.

Maudit soit le fat qui ta fait
Sote Pyramide de Hochstet ;
Si Louis pour châcune ville
Bataille oú pareille vétille,
Eut fait planter bornes a cet effet,
Le pays ennemy seroit un jeu de Quilles [151v]

L'Auteur Pretend de donner ici un denombremt. des principales villes ou il á eté et vû dans le cours de ses Voyages. Et pour eviter un narré trop prolixe, il ne parlera point des petites villes, Bourgs n'y villages, a moins qu'il n'y eut quelque chose de curieux, qui ne meritat l'attention du judicieux Lecteur

Villes Episcopales ou l'Autr. á été

Paris                 Castres                 Toulouse Arch.
Orleans             Cahors                   Montauban
Blois                 Vabres                   Lavaur
Lyon Arch.       Bordeaux Arch.       Arles Arch.
Macon              Agen                      Orange,
Châlon              Saintes                  Aix, Arch.
Sens Arch.         Poitiers                  Vienne, Arch.
Auxerre             Laytoure                Grenoble
Nevers              Narbonne Arch.      Viviers
Limoges             Beziers                   Valence
Alby                  Carcassonne           Digne
Rhodez              Nismes                   Bethleem
Montpelier          Lodeve                  Avignon
Usez                 St. Pons                 Carpentras
Alais                 Perpignan               Cavaillon


Voici les Noms des Provinces, dans lesquelles l'Auteur à voyagé

Isle de France         Limosin         Dauphiné
Beauce                  Languedoc    Vivarais
Orleanois                Rouergue      Graisivodan
Blaisois                  Quercy         l'Albigeois
Lyonnois                Guienne        Le Comtat Venaiscin
Bourgogne             Angoumois     les Cevenes
Champagne            Saintonge      Principauté dOrange
Nivernois                Poitou          La Crau,
Touraine                Aunis           La Camargue
Berri                      Gascogne     Le Forez
Auvergne               Roussillon      Le Beaujolois
Quercy                  Provence      Le Bourbonnois [152]
Le Gatinois             le Bazadois    Vicomté de Turenne
Le Hurepoix            l'Agneois        La Marche
Le Bourdelois          l'Armagnac     La Sologne
Viennois                Valentinois     La Puysaye petit pays dans l'Orleanois
Vaunage                Novempopulanie
La Savoye

On compte en France 107. Evêchez, sans a ce comprendre, Mets, Toul et Verdun, Strasbourg et autres.

On y compte 80. Provinces en France

Il y a en France 26 Generalitez

12. Parlements, l'Autr. n'a vû que ceux d'Aix, Paris, Toulouse, Bordeaux et Grenoble

Il y à le Grand Conseil

Conseil d'Alsace, de Roussillon et d'Artois

9. Chambre des Comptes et 5. Cours des Aydes

200. Elections

19. Intendances

Il y á en France 1300. Villes, et 223. principales

Il y à au moins un dixieme de femmes et de filles de plus.

La Normandie,
La Bretagne,           sont les Provinces qui
La Picardie              peuplent le plus
l'Artois et la
G. de Tours 

Il y à en France 40000. Paroisses

Villes qui ne sont pas Episcopales que l'Autr. dans le cours de ses voyages à vû

Villefranche de Beaujolois
Moulins en Bourbonnois
Montargis dans le Gatinois

La veille des Grandes fêtes le Parlement prononce des Arrêts en Robes rouges, en memoire des Audiences des Rois avant lêtablissemt. des Parlements [152v]

Il y a 15. Agents Generaux du Clergé de France pendant leur Agence, ont droit de Committimus.

1686. Place de Victoires bâtie

1688. Guerre contre la hollande

1689. Arrivée du Roy Jacques en France

même année Guerre declarée à l'Espagne

1695. etablissemt. de la Captitation

1697. La Paix de Riswich

1704. Stanislas, couronné Roy de Pologne

1712. Lheureux Combat de Denain

1713. La Paix d'Utrecht

1714. La Paix de Rastadt

1715. Le Duc dOrleans Regent

1717. Mr. Daguesseau Chancelier

1718. Mort de la Reine d'Angleterre

Mr. D'argenson Garde des Sceaux

1721. Entrée celebre de l'Ambassade Turc

1722. Mr. d'Armenonville Garde des Sceaux

Sacre du Roy a Rheims le 25. octobre

Le Cardinal du Bois principal Ministre

1723. Mort du Cardinal du Bois le 10. Août

Majorité du Roy le 15. Fevrier

Mort du Duc d'Orleans le 2. Decembre

1723. Le Duc de Bourbon Principal Ministre

Mort de Louis I. Roy d'Espagne

1724. Mariage du Duc dorleans

1725. Retour de la Reine d'Espagne en France

1725. Mort du Czar de Moscovie Pierre 1r.

1725. Stanislas Roy de Pologne alla a Chambor

1726. Etat de premier Ministsre suprimé

Mr. de Fleury Cardinal du 11. 7bre

Mort de Madame la Duchesse d'Orleans

1727. Le Cinquantieme denier Suprimé

Le 14. Aoust la Reine accoucha de deux Princesses

Mr. de Chauvelain Garde des Sceaux le 17. Aoust, et le 23. Secretaire d'Etat

1728. Congres de Soissons le 14. juin

Mariage du Duc de Bourbon [153]

Le 28. juillet la Reine accoucha d'une Princesse

1729. le 4. 7bre. la Reine accoucha heureusemt. de Mr. le Dauphin

1730. Le 12. juillet Le Cardinal Laurent Corsini, crée Pape Clement XII. 253e. Pape

1732. Mariage du Prince de Conty

Le 23. Mars la Reine accoucha d'une Pse.

1733. Mort du Roy de Pologne, arrivée le 1. Fevrier

Le 19. Fevrier Mort de Madame troisiéme

Le 11 May la Reine accouche d'une Princesse

1734. Mort de Mademlle. de Beaujolois

Le 12. juin Mr. le Marêchal de Barvick tué a Philisbourg

Le 17. juin, Mort du Marêchal de Villars

Le 19 juin la Bataille de Parme gagnée

Le 27. juillet la Reine accouche d'une Princesse

Le 1r. 7bre. naissance du Comte de la Marche

le 15. 7bre. Bataille de Guastalla gagnée

1735. Mort de la Reine de Sardaigne

Le 3. juillet Don Carlos, Roy des deux Siciles

1736. Le 12. Fevrier Mariage du Duc de Lorraine

En Avril, mort de l'Empereur de la Chine

8. May, Mariage du Prince de Galles

14. May Mort du Duc du Maine

16. May, la Reine accoucha d'une Princesse

15. juillet mort de la Soeur du Roy de Portugal

9. Aoust naissance du Prince de Condé

1736. le 1r. 7bre. le Roy alla à St. Denis, et assista au Service anniversaire pour le repos de l'Ame de Louis XIV. Aucun Roy n'avoit fait cet acte de pieté dêpuis Charles VIII. il y à environ 250. ans

26. 7bre. Mort de la Princesse de Conty.

La France est divisée en 37. Gouvernements

Il y a en France 240. Commanderies

1728. les Rues de Paris, marquées de leur nom

1727. Georges de Brunsvvick Electr. et Roy d'Angleterre. Il est Lutherien et tous les sujets de lElectorat

Il y a en Allemagne 9. Electleurs 23. Archevêchez et Evêques, 10. Abbez, 13. Abbesses, 62. Comtes, 62. villes libres, qui sont autant d'Etats [153v]

Souverains qui ont leurs voix dans les Assemblées et qui fournissent leur contingent dans les besoins.

L'Autr. est accusé d'etre Veuf et relict.
Charles Emmanuel Duc de Savoye, Roy de Sardaigne en 1730.

Il y a en France 31. Généralité, et dans chacune une Compagnie d'Archers a Cheval, qui composent 525. Brigades a 5. Cavaliers par Brigade, compris un Exemt, un Brigadier ou un sous Brigadier 31. Trompettes

Generalité de Soissons 120 Cavaliers
Champagne -- -- -- 170
Orleans -- -- -- -- 130
Tours -- -- -- -- 200.
Berry -- -- -- -- 95.
Bourbonnois -- -- 90.
Poitou -- -- -- -- 110.
Limoges -- -- -- -- 90.
Auvergne -- -- -- -- 85.
Lyonnois -- -- -- -- 75.
La Rochelle -- -- -- 60
Bourgogne -- -- -- 135
Rouen -- -- -- -- 100
Caen -- -- -- -- -- 60
Alençon -- -- -- -- 120.
Bretagne -- ---- 145.
Guienne -- -- -- -- 95.
Montauban -- -- -- 70.
Languedoc -- -- -- 165.
Dauphine -- ---- 70
Provence -- ---- 75.
Pau -- ---- -- -- -- 90.
Roussillon -- -- -- 30.
Lorraine les 3. Evechez -- 70
Flandre -- -- -- -- -- 40
Haynaut -- ---- 35.
Alsace -- -- -- -- 45.
Franche Comté -- -- -- 65.
Generalité de Paris -- -- 180. [154]



Il y a 31. Commandants 110. Lieuts. 525. Exemts, qui font 676. officiers Militaires, et 2966. Cavaliers compris les Brig. et sous-Brigad.avec les 31. Trompettes



Les Turcs appellent Chiaour les Chrêtiens

Mon Cousin, me disoit, Si l'on se sent le coeur Martial, il faut suivre son naturel puisqu'on ne reussit jamais dans ce qu'on entreprend, l'ors qu'on le fait par constrainte. Mais qu'elles lumieres ne doit pas avoir un General d'Armée par example ? il ne doit rien iIgnorer de L'histoire ancienne et Moderne de tous les Peuples un peu belliqueux. Il doit sçavoir à fonds la Geographie et plusieurs parties des Mathématiques. Quel jugemt. n'exige pas encore la Conduite d'une Armée ? Et qu'elle moderation ne faut-il pas, pour exercer avec dignité cet emploi si brillant si envié ? Or je pose en fait qu'on s'en acquittera toûjours trés-mal sans êtude & sans celle en particulier de la Religion. D'ailleurs ne parvient pas a ce poste qui veut, oú qui s'en est rendu capable.

La Communauté des habitans du lieu d'Aubaïs, porte de sable a une Montagne d'or Sommée d'une Croix de même, soûtenuë d'un Ruisseau de Sinople

Grands Maitres de Malthe qu'il a vûs en son vivant sans compter ceux qu'il verra

En 1686. Gregoire Caraffe qui a regne 17. ans
En 1690. Adrien de Vignacourt 6. ans 6. mois
En 1697. Raymond de Perolles de Rocafull 22. ans 11. mois 3. jours
En 1720. Marc Antoine Zondadari, 2. ans 5. mois 3. jours
En 1722. Antoine Manoel

L'Autr. estant a Paris en 1714. 1720. et 1738. voici ce qu'il en dit touchant le nommé Paris, Abbé Janseniste, mort, il y a quelques années, en odeur de Saintété, et enterré a St. Medard, a commencé a faire du bruit par des Miracles qu'on lui attribuë. L'on pretend que le 3. novembre 1730. Anne le France, de la Paroisse de St. Barthelemy, recouvra la vûe qu'elle avoit perduë de Loeil droit dêpuis plusrs. années, et lusage libre de ses jambes. Le parti oppose aux Jansenistes dit, qu'il faut que cet Abbé ayt vêcu Saintement, et que peut être même il avoit abjuré interieurement ses erreurs, a l'article de la mort. Le Sacristain de St. Medard á été [154v] exilé, pour avoir favorisé la devotion au Tombeau de ce nouveau Saint. l'Archevêque de Paris à publié en 1731. un Mandement, oú il condamne les nouveaux miracles qu'on attribue au Beat Janseniste. La vie de cet Abbé ayant été publiée a Bruxelles chez Foppens en 1731. La Sacrée Congregation de L'office en eut le vent, l'examina le 22. Aoust et la condamna comme heretique a être brulée par la main du bourreau, devant la grande place devant la Minerve, ce qui fut executé avec beaucoup de Solemnité le 29e. du même mois. Le Roi à défendu par un Arrest donné le 27 Janvier 1732. de tenir la porte du petit Cimetiere de St. Medard ouverte, si ce n'est pour cause d'inhumation, et à toutes sortes de personnes de s'assembler dans les rües, n'y aux environs de ce lieu-lá. Le même Arrest renferme, que plusieurs [sic] et Chirurgiens ont declaré, qu'il n'y avoït rien de miraculeux dans les mouvemens et agitations de ceux qui approchoient le Tombeau de l'Abbé.

Voici un paradoxe d'un homme d'Aubaïs. Il pretend enseigner que les bêtes sont des machines, et qu'il rejette lame sensitive qu'on leur attribüe.

Sisteme du Monde par Mr. Rouaud.
La Cuisine du Château d'Aubaïs, est un Vaisseau Sumptueux, grand et vaste. Lon y fait en hiver un tres bon feu. Les Scavants de cette Maison qui en fourmille s'y chauffent. L'Autr. se fait un plaisir d'ecouter la conversation lors quelle traite des Sciences naturelles. Voici le Sisteme d'un de ses Scavans, il distingue deux regions l'une Etherée, et l'autre elementaire. La region etherée où celeste commence par le premier mobile, qui dans lespace de 24. heures fait son mouvement de l'Orient a L'occident. Ce Ciel imprime ce même mouvement aux dix lieux inferieurs, qui sont selon son opinion, le double Crystalin, le Firmament, et ceux des Sept Planetes ; scavoir Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Mercure, Venus et la Lune. Il admet les deux Cristallins entre le 1r. Mobile et le Firmament, pour rendre raison de quelques irregùlarités qu'il avoit observées dans le premier Mobile. La region elementaire, dit ce Sçavant, commence sous la concavité du Ciel et de la Lune, renferme les 4. élemens, qui sont le feu, lair, Leau et la terre. Il compose le globe terrestre de la terre et de l'eau, et la place immobile au centre du monde. Lélément de l'air environne le globe terrestre, de même que [155] nôtre Sçavant frilleux, est environné en hiver par le feu de la Cuisine de Mr. le Marquis d'Aubaïs. Les autres Scavans qui sont sans nombre, de tout poil, et de tout âge dans cette Maison, sans excepter ceux du gros village qui environne ce Château, soûtiennent qu'il leur seroit trés difficile de s'accorder avec son Sisteme.

La plume de Prion passe dans le monde pour l'insecte des Sçavans. Il promet cependt. au public curieux dans les effets de la Nature qu'il donnera son Sisteme en Abregé et verbalemt. l'ors qu'il en aura le Loisir, et ce sera sans faute dans tout le mois de Janvier prochain et aupres du même feu élementaire pourvû que le bois avec lequel ce feu est nourri soit bien combustible. Il promet encore aux Sçavants de ce lieu daugmenter ses paradoxes des Disques du Soleil et de la Lune, sur lesquels cette derniere Planete inflüe beaucoup sur les rares genies de ce lieu lá.

L'orsque l'Auteur vint au monde il prit le nom de Prion qui êtoit celuy de son Pere. Le Curé de sa Paroisse moyenant le prix et somme de dix sols, luy en donna un Second, qui feut celuy de Pierre. Son Parrain etoit Marêchal, et sa Marraine Lépouse d'un menager, s'il eut manqué de L'argent il n'aurait eu qu'un nom.

Voir les autres parties du Manuscrit:
1: Prion et les sages d'Aubais raisonnent sur le "système du monde" (fols 1-9v)
2: Quelques dėfinitions ayant à faire au "système du monde" (fols 10-24v)
3: Sur les Comètes (fols 25-33)
4: Naissance et jeunesse de Pierre Prion (fols 33-38)
5: Prion entre au service du Marquis d'Aubais (fols 38-42)
6: Voyage en Roussillon, dans le Bordelais, et ensuite vers Paris (fols 42-47v)
7: Paris et le voyage de retour (fols 47v-51v)
8: Ses devoirs auprès du Marquis; le nouveau château (fols 51v-56)
 9: Voyage à Grenoble et à la Grande Chartreuse (fols56-65)
10: Activités domestiques et littéraires (fols 65v-70v)
11: Voyage en Provence avec le Marquis (fols 71v-74)
12: Voyage en Savoie par Lyon, et le retour (fols 74v-81v)

13: Les Protestants des Cévennes (fols 81v-83)
14: Un vie pleine de vicissitudes et d'angoisses (fols 83-84)
15: Voyage à Paris par la vallée du Rhône (fols 84-87v)
16: Paris, septembre 1738 (fols 87v-95)
17: Sur le monde et sur le mariage (fols 95-100)
18: Sa collection de livres, véritables et apocryphes (fols 103-107)
19: Le voyage de retour, par Lyon (fols 107V-109)
20: Sa vie à Aubais (fols 109-112)
21: Sur la médecine, les médecins et autres vicissitudes (fols 112-118)
22: Nobles, prélats et fêtes qu'il a vus, ainsi que le personnel au château d'Aubais (fols 118-123)
23: Quelques voyages agréables (fols 123-124v)
24: Les prophèts et les prophétesses des Cévennes (fols 120-128)
25: Quelques renseignements divers (fols 128-134v)
26: Des choses mémorables qu'il a vues ; des dates mémorables (fols 135-139v)
27: Encore des livres ... (fols 140-141)
28: Des faits curieux et des choses que Prion a vu (fols 141-146v)
29: D'autres choses curieuses vues par Prion ... (fols 147-155)
30: Sur Unigenitus (fols 155-156)
31: Encore quelques souvenirs de Paris (fols 156-157v)