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The Ranums' Panat Times
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to opening page of Ranums' Panat Times Go to the page that lists the contents of the Prion manuscript! 23: Quelques voyages agréables (fols 123-124v) De tous les plus heureux voyages que j'ay faits en France, et ceux dans lesquels j'ay receu le plus de satisfaction, le premier feut à Nismes, m'êtant trouvé dans le Palais Episcopal de cette ville, et dans lequel Monseignr. Jean Cesar de la Parisiere Evêque me fit l'honneur de me faire appeller dans son Cabinet, duquel je reçûs en cette occasion mille demonstrations damitié. Il me fit entr'autres [123v] promettre de luy prêter un Recuëil, et duquel il avoit sçû que j'en étois L'auteur. De son Cabinet nous entrames dans son Parterre et dans les Allées duquel il voulut encore s'y promener avec moy lespace de trois quarts d'heure. L'Autr. Estant allé en Gascogne. Il séjourna un mois dans le Château de la Motte Goas. Cette magnifique Maison est dans le Diocese de Condom. Pendant lequel séjour Madame la Comtesse de Goas fit appeller l'Autr. dans son Cabinet, lequel fût interrogé par cette puissante Dame de toutes les particularitez du Bas Languedoc. Au sortir de son appartement elle donna ordrè de me faire donner un cheval de ses Ecuries, pour aller voir les endroits dignes de curiosité aux environs de ce lieu. Elle me temoigna encore avec beaucoup d'empressement de me rendre service dans toutes les occasions oú je pourrois avoir besoin de sa protection. Elle voulut bien me faire un present de deux petites Bouteilles de Liqueurs. j'eus l'honneur au Château de Cadillac de prendre trés respectueusement congé d'elle, à ce moment elle m'ordonna de luy êcrire. J'eus l'honneur de le faire tant dans ne route qu'a Paris. En 1720. je me trouvai pour quelque tems dans Castres ville d'Albigeois. Mr. de Quiqueran de Beaujeu Evêque de cette ville apprit que j'etois homme de Lettres. Sa curiosité le porta á me connoître personnellemt. Etant un jour dans son Palais Episcopal, qui est sans contredit un des plus beaux edifices de cette Province, ce grand Prelat me fit entrer dans son Parterre, dans lequel nous nous promenames ensemble lespace d'une heure de tems. Il me fit l'honneur de me faire des questions trés sçavantes touchant la Republique universelle des belles Lettres. Il me parût être assez satisfait de mes Reponses. Il commença par me dire si j'avoit lû le Nobiliaire [124] François. Je luy repondis qu'ouy, et que ce que j'y trouvois de plus grand, c'êtoit la noblesse et le merite personnel des personnes de sa Maison, Et en ce qu'elle avoit donné á l'Eglise un des plus grands Prelats de Son Siecle. Ce Prelat n'eut pas de la peine de connoître que cêtoit de luy que je parlois, il me repondit, que j'etois trés obligeant, Monseigr. non pas autant que je le devrois, comme etant vous même le plus florissant Prelat de nos jours, la Lettre Pastorale que vous venés d'ecrire a Mr. le Regent touchant la Quete de vôtre Diocese pour la Peste de Marseille vous á attiré l'admiration de tous les peuples de l'Europe. L'ors qu'on fit à Paris les rejoüissances des feux d'artifice sur la Seine, je me transportai pour y garder ma place de bonne heure sur le Quay du Louvre. jêtois appuyé sur un Parapet de ce fleuve. J'avois sur ma droite et sur m'a gauche une grande quantité de Demoiselles et Dames belles comme l'amour, richement parées et couvertes de Mantelines de toutes les couleurs les plus êclatantes, bordées de Crepines dor et dargent. Elles discouroient entr'elles comme un Livre ouvert mieux que Ciceron. Je voulus par honnêteté me retirer de m'a place pour la leur ceder, mais elles ne voulurent pas me le permettre. La rejoüissance êtant faite pour honnorer l'Espagne, ces Dames se mirent á parler sur les Princes et Princesses de la Maison Royalle d'Espagne, dans cette disgression il y eut entr'elles differents Sentimens dont elles n'etoient pas tout á fait d'accord, deux oú trois desquelles me demanderent mon avis. je leur donna si fidéle qu'elles en furent trés satisfaites. Par intervalle des Dames sortoient leurs riches Tabatieres, toutes pleines du plus excellent Tabac. Elles me firent plusieurs fois [124v] L'honneur de m'en presenter, même de m'en donner tout a la fois plus d'une Once plié dans un Papier. Quand l'Auteur resteroit un Siécle entier en Province, il ne recevroit jamais un accüeil aussi gracieux. Les Dames Provincïales d'avec celles de Paris est un fait á part, et il y á une difference parmi elles comme de la nuit au jour. Voir les autres parties du
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