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The Ranums' Panat Times |
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to opening page of Ranums' Panat Times Go to the page that lists the contents of the Prion manuscript! 20: Sa vie à Aubais (fols 109-112) Estant enfin arrivés á Aubaïs, Prion reprendra ses occupations ordinnaires du Cabinet, [109v] occupations qui sont plus seches que l'amadou, on appella cela Bouquiner, fesser Cayer sur Cayer, les lignes desquels plus serrées que des Sardines en caquées dans un Baquet, le caractere plus petit que pieds de mouche Extraire continuelement toutes les histoires, pieces volantes et fugitives du guerroyement dêpuis la naissance de la Monarchie, et continuelement tant d'autres choses semblables de cette nature, aujourd'huy touchant la muraille de la Chine, bâtie par les Tartares, demain sur les Pyramides du Grand Cayre, La Source et les Cataretes du Nil, Le Cours et le Saut du fleuve St. Laurent, le Goufre de Charibdis, les Colonnes d'hercules, et ses Travaux, sçavoir si c'est le Soleil ou la Terre qui tourne, les Meteores, les Cometes, et tous les Phenomenes, les moeurs, l'habillement, et les Langues de toutes les nations, les 4. Saisons, les causes du Flux et Reflux, la decouverte des Antilles et du grand Continent, le receptacle de tous les Torrens, fleuves et rivieres, la Religion des Indiens, des Creoles, Mitigez et ceux qui sont blancs et noirs, L'arrangement des Armées sur terre et sur mer, les Battailles, les Pagnotes qui montent sur les hauteurs des Tours, Clochers et Montagnes pour en être Spectateurs, le denombrement des Constellations, des Etoiles, Mars, Saturne, jupiter, la voye Lactée, les Astres sublunaires, le plumage et le ramage de tous les Oiseaux et des quadrupedes La Navigation des Galions d'Espagne dêpuis Cadix jusqu'au Perou, les Merveilles du monde, les Femmes Fortes de Leurope, les manieres glorieuses, lesprit enjoüé et l'embarquemt. de Dames Françoises. L'on voit par la Lecture de ce Recueil qu'elles ont été les occupations de l'Auteur, et de sa plume quoi que donnée sous la promesse d'une modique Gage. Les quarts d'heure d'occupation qu'il a eu á luy, Il les à employez à ramasser, et êcrire environ trente Manuscrits, composez [110] de toutes les matieres de Litterature les plus curieuses qui sont tombées sous sa main, ce qui n'a été fait qu'avec toute la peine imaginable. Il á pour cela veillé presque toutes les nuits. Dans le tems que tout le monde dormoit, il profitoit tant en hiver qu'en Esté de ces moments pour être plus tranquile ou plus recueilly. Le plus curieux et le plus utile des ouvrages de ces Rapsodies sont les Coppies de tous les Auteurs qui ont êcrit les Revoltes du Fanatisme du Languedoc jusques inclusivement à la dêcente des Anglois sur les Côtes de cette Province, Il a reduit le tout en un grand volume. 2e. un grand Recueil touchant Lhistoire du Languedoc par Mr.de Baville et autres Auteurs, en un vol∫. 3e. Deux emples Manuscrits de L'histoire du Roüergue, a qui l'Auteur doit lhonneur de son Berceau. C'est cette Patrie, qui la obligé de ramasser avec soin tout ce qu'il á peu de mémoires, qu'il à reduit en deux volumes In folio. Quoique le Rouergue soit une petite Province, elle ne reste pas que d'etre tres florissante, et le peuple de laquelle, y est bon gracieux et fidele á l'infini, et même il y á parmi eux, beaucoup de pieté et de Religion. Elle Produit beaucoup de Pretres, mais trés peu Theologiens. Les Laïques qui sappliquent a êtudier, ce n'est que pour les Loix du Barreau. Tous les Paysans de Labeur de ce pays-la ne croiroient pas aller en Paradis s'ils ne faisoient pas pousser un châcun un de leurs Enfants pour en faire un Avocat, ou un Prêtre. Parmy les quels n'y dans les autres [110v] on n'y a jamais veu un Seul Auteur qui aye eu le courage de donner au public le plus moindre Lambeau d'histoire, n'y aucune Description du Pays. Je leur impute ce defaut plûtôt du côté de la paresse, que de leur Sçavoir et de leur honneur. Pour dire le verité avec plus de confiance, l'on peut assurer incontestablement que les Dames du Roüergue, comme celles de la noblesse la plus relevée y sont belles, grandes, polies, gracieuses, enjoüées, spirituelles, et des mieux ornées de Toilete, et en ajustement pour la propreté. Elles parlent ordinnairement à leurs Domestiques en Patois et á leurs vassaux tout courant en Langue Françoise. Aubaïs est un gros Bourg, dans l'enceinte du quel on y compte huit cens personnes, et parmy lesquels Prion y est compris, lequel parmy eux y est estimé comme leur veritable Amy. Ils l'ont constitué pour être leur Secretaire. Il êcrit pour les hommes toutes leurs Lettres, il est aussi tenu d'avoir le même Soin pour les Femmes et filles, toutes les fois qu'elles veulent êcrire tant pour leurs affaires que pour leurs Amants et veritables Amys, par cette coûtume ils l'ont asservi dans ce dévoir. et s'il y manquoit il seroit Lapidé. Lors qu'en 1713. Mr. le Marquis d'Aubaïs vint habiter le château de ce lieu, l'on y trouva les habitans de ce Bourg, trés indisciplinez, Grossiers, Rustres, et presque farouche, L'ors qu'ils voyoient un Etranger pour éviter leur rencontre, ils fuyoient a toute jambe comme des sauvages en se couvrant leur visage de leur Chapeau, mais le grand nombre de Domestiques et Serviteurs [111] trés-relevez de ce Seigneur, qui êtoient des gens polis gracieux et bien êlevez, ont peu à peu Civilisé ces pauvres habitans, qui sont a present trés-aymables. S'il nêtoit qu'ils ont encore lesprit Republicain, ils seroient encore plus parfaits. On les à appris à connoître Dieu, mais ils ne veulent jamaïs le prier qu'avec les personnes qui leur conviennent. Et même ils ne veulent satisfaire á ce devoir qu'en se cachant dans les Deserts pour n'être vûs de personne. Un nommé jean Dumas Cuisinier dans le Château d'Aubaïs. Il êtoit né dans les Sentimens d'une vie tres huguenote, et dans l'aquelle il étoit trés obstiné. Il conçut une estime toute particuliere pour moy, cette amitié m'obligea de luy apprendre a Lire, et je luy fournissois pour cela des Livres de pièté, cette Lecture jointe à mes remonstrances luy toucherent le coeur, et sii bien qu'il fit abjuration pour entrer sur le champ dans le giron de l'Eglise, du dêpuis il est trés-bon Chrestien et innèbranlable dans sa Catholicité. Il étoit né de parents pauvres. Aujourd'huy il est marié á Alais, et L'un des plus habiles Traiteurs de cette ville. Lon peut se vanter que c'est un Disciple qui fait honneur et dans cette ville et dans sa Patrie, et a celui qui la enseigné. Le Sr. Daniel et son Epouse du lieu d'Aubaïs, sont des personnes d'une probité reconnuë, aymez et generalement estimez de tout le monde. Ils sont l'un et l'autre doüés d'une perfection admirable, et cheris de toutes les personnes qui ont l'honneur de les connoître, leur piété et leur vertu est un exemple et un parfait [111v] modele de la vie vrayment Chrestienne. Ils me firent l'honneur de me confier l'education de leur fils ayné je le pris dans sa plus tendre jeunesse, nêtant alors âgé que de Sept ans. Cet Enfant êtoit trés-aymable, il eut toutes les dispositions que lon pouvoir [sic] attendre de luy pour apprendre avec facilité, aprés luy avoir montré avec attention, et luy avoir appris tout ce que je sçavois au monde. Son Pere et sa Mere de concert avec moy l'ont placé a Nismes pour y apprendre á fond les affaires de la pratique et du Barreau, oú il sapplique avec autant de soin et de sagesse. C'est une profession trés-honnête et dans laquelle il commence a se distinguer avec honneur ; Personne au monde ne sçauroit ignorer le plaisir que cela doit me faire, et plus il s'y distinguera et plus j'en recevrai. Je l'ay toûjours aymé, et je l'aymerai toûjours d'un veritable amour. Au moment que j'êcris ceci, André Daniel son frere, m'a été également donné pour avoir aussi le soin de son éducation, l'enfant est aussi trés joly, très aymable, la Memoire bonne et trés docile, il apprend aussi avec beaucoup de facilité, malgré toutes mes attentions comme cet enfant nêstant que le puyné de sa Maison son pere et sa mere n'ont pas le même empressemt. pour le tenir assidu à son devoir comme ils avoient pour leur aîné. En cela s'ils êtoient des personnes de s'en appercevoir ils font un grand manquement, La suite du tems le leur apprendra encore mieux s'ils continuent de manquer a ce devoir. [112] Voir les autres parties du
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