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The Ranums' Panat Times
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to opening page of Ranums' Panat Times Go to the page that lists the contents of the Prion manuscript! 14: Un vie pleine de vicissitudes et d'angoisses (fols 83-84) Révénons á Aubaïs, qui est le point de direction et le centre jusqu'ici de m'a demeure ordinnaire y ayant déréchef embrassé la culture des belles Lettres. Mr. l'Abbé de Vanieres, Bibliothecaire du Chateau d'Aubaïs, êtoit un homme d'une profonde erudition. Enfin il excelloit tant en Prose que'en Vers. Voici un Sonnet fait de sa main touchant les Sçavans, qu'il m'obligea d'inserer dans mes memoires. Le désir insensé
d'eterniser son nom, A proprement parler, la vie de Prion n'est qu'un amas de vicissitudes et d'angoisses, exposé a mille peines et travaux, dans sa tendre jeunesse, il est êlevé pour son éducation pendant sept années sous un trés bon maître, mais brusque, violent, plus fort et plus redoutable que le Geant de l'Empereur Charles Quint dans cet espace de tems, et duquel Prion ne passa presque point de jour qu'il n'en fut battu, et Bourrellé d'un nerf, d'une grosse Ferule et d'un Foüet jusqu'a effusion de Sang. Au sortir de cette rigoureuse Ecole, La mort la plus cruele des Megeres, enleva son pere et sa mere. Il luy resta quelques parents, mais trés mal intentionnez contre luy, lesquels luy ravirent et enleverent, par mille faussetez, le petit heritage que ceux qui l'avoient mis au monde luy avoient laissé en depot entre les mains de ses barbares parents, le maltraiterent et le chasserent dez-aussi tôt de sa propre maison. Il fût obligé pour gagner son pain de parcourir toutes les villes de France, pour y chercher a servir les maîtres qui voulurent le recevoir dans l'etat de Servitude. Il commença cet Esclavage en lannée 1706. ; ses premiers maitres ou il entra a leur Service , furent 1o. à Toulouse, 2o. a St. Igest, 3o. à Coupiac, 4o. à St. Sevé, 5o. á Arles en deux fois, 6o. a St. Victor, 7o. a Montper. en 3. differentes Maisons, 8o. á Aubaïs. 9o. on avoit oublié de dire en son lieu qu'il fût fait Soldat dans la Garnison de Toulon. Voïla un Estat assez triste et dèplorable, et n'ayant toûjours en partage que la misere et la pauvreté. Du moins, il n'a [84] jamais murmuré contre son sort, mais au contraire, il est prest plus que jamais il ne l'a été, a recevoir avec une résignation la plus constante á ce qu'il plaira encore a Dieu de luy donner dans le reste du cours de sa vie et de sa destinée. L'ors que j'habitois dans mon lieu natal, appellé Requistar, un vieux Nonegenaire et mon voisin composa le Quatrain qui suit, cêtoit au moment que j'allois quitter ce lieu qu'il voulut par ces vers m'inspirer la Sagesse et l'attachement au travail, conçu en ces mots. Sage est celuy, qui
travaille sans cesse Voilà une belle Leçon. J'ay cependant beaucoup travaillé, et au bout duquel travail je me trouve autant dépourvû que le jour que j'ay commencé. Dieu veüille par sa Sainte grace nous combler non de la fragilité des biens de ce monde, mais de ceux du Ciel qui sont inalterables. Quand la Parque fila
m'a vie Voir les autres parties du
Manuscrit:
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