The Ranums' Panat Times

 

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Notez: à cause des photos, cette page met un petit moment à matéraliser,
mais cela vaut la peine!

 

La maison romane

Aux alentours de 1875, le comte de Panat s'est brouillé avec le curé de Panat. À l'époque, le curé disait la messe dans l'église qui s'adosse au château (seule les murs et le clocher subsistent); et il habitait la maison qui donne sur la petite place publique et qui ultérieurement est devenue l'école publique du village (et qu'on voit dans les photos de la place du village). Le curé a pris le partie de, litérallement, se distancier du comte et de son château. Il a convaincu le cardinal Bourret, évêque de Rodez, de donner au village une nouvelle église ­ celle qu'on voit de nos jours à l'entrée du village. (Ou bien, l'impulsion serait-elle venue du cardinal, à propos de qui Louis d'Adhémar de Panat disait souvent: "Il avait une brique dans le ventre"?) Pour rendre moins chère la construction d'un nouveau presbytère, le curé a fait démanteler une maison construite au XIe siècle mais qui tenait toujours debout: la "maison romane."

C'ést du moins l'histoire que nous racontait le comte Louis d'Adhémar de Panat à propos de son grand-père.

Pour illustrer le déroulement de ce triste événement, nous inous reposons sur des détails tirés de quelques photos prises par le comte de l'époque. (Ces photos se trouvent ailleurs sur ce site: Les photos de Panat au XIXe siècle.) Sur quelques-unes de ces photos nous avons marqué en couleur quelques détails ou constructions intéressants. Cerclée en violet est la maison romane. Le chemin publique est rehaussé en jaune. Le toit du four Albouy (construit sur les restes d'une tour très ancienne) est indiqué en rouge. Finalement, à gauche de quelques photos, un cercle vert tire l'attention sur l'emplacement d'une fenêtre romane qui a été débouché il y a une dizaine d'années mais à propos de laquelle il faudra attendre 2009, quand nous pourrons la photographier. Sur le détail tiré du cadastre, ces structures sont rehaussées selon la même logique:

Si le curé a osé entreprendre la destruction de la maison romane, cela veut dire que, comme le presbytère et ses annexes, cette maison très ancienne appartenait sans doute à la paroisse, et non pas au comte. On sent la colère et la frustration du comte face à la destruction de ce morceau du patrimoine. Un passionné du nouveau art de la photographie, le comte a pris quelques photos qui préservent, pour nous, cette destruction du patrimoine du village.

Tout d'abord, le comte a pris plusieurs photos de la maison romane, à commencer par une qui la montre intacte et qui s'accompagne ici d'un détail tiré de la photo:

Il a pris aussi des photos de la destruction, dont une qui montrait le curé, en soutane, sur la brèche, une masse à la main, qui faisait semblant de travailler sur ce chantier. Louis d'Adhémar nous l'a montrée à maintes reprises, mais elle semble être perdue au cours du débâcle qui a suivi son décès.

Il reste toutefois quelques photos de ce démantlement. Dans la première photo, on voit un ouvrier sur la maison qui se détruit. Notez, au premier plan, la fenêtre romane et, plus au fond, les restes d'une voûte romane. (La tour ronde qu'on voit au fond est celle du château). 

La seconde photo, prise d'une position à gauche de la première, montre les restes de la partie inférieure  de la maison romane. On y voit toujours la fenêtre romane et les restes de quelques voûtes.

 

Un certain nombre d'années plus tard, depuis la terrace du château, il a pris une photo de la nouvelle église et du malheureux presbytère. (Le presbytère n'a survécu que plusieurs décennies; il a été vendu à un entrepreneur de Montauban qui l'a démantelée et a emporté les pierres.) La raison d'être de la photo serait la procession qui grimpe au causse et qu'on voit dans la photo.)

Au cours de la destruction du la maison romane, le comte a sauvé ­ on ne sait pas comment ­ des pierres sculptées: une porte romane qu'il a fait insérer à la place d'une porte qui donnait sur la terrace du château,

et quatre appuis de fenêtre à palmettes romanes. Il en a posé deux sur des gros balustres de pierre renaissance pour faire une table curieuse qui, jusqu'aux années 1990, ornait l'entrée du château.

Les deux autres se trouvent actuellement à l'intérieur du clocher de l'église romane: elles y ont été placées par l'ordre de Louis d'Adhémar de Panat pour décorer le lieu où sont enterrés ses aïeux. Une troisième pierre se trouve au Musée Fenaille de Rodez:

 

 

 

Une dernière photo prise par le comte montrent comment l'ancien emplacement de la maison romane a été nettoyé et rendu plus commode pour les villageois. Des murs de soutien se sont construits, quelques jardinets ont été créés sur le site où se dressait jadis la maison romane, et un chemin publique aux murs ornés de clouques a remplacé le chaos qui règnait jadis entre l'annexe du presbytère (disparu) et la maison romane.

Ci-dessus, à côté des vieilles photos, sont de photos en couleur du nouveau toit du château, 2009: une cheminée en pierre remplace le tuyaux de chauffage; et le toit, le bonnet pointu de la tour, et toutes les mansardes sont résussités!

En guise de coda, nous tirons l'attention sur deux objets qui figure dans cette photo de Panat "modernisé." On peut se réjouir de la disparition de: 1) sur la terrace du château, juste au-dessus des citernes médievales fendues, le comte avait installé un lieu d'aisance; et 2) pour mieux se chauffer, il a fait mettre un tuyau de poêle tout le long du mur du château.


Et voici, en septembre 2009, deux photos de la belle fenêtre romane (indiquée en vert dans les photos ci-dessus), qu'on a dégagée il y a seulement une dizaine d'années. Elle est rare, car le motif est laïc: des perdrix.