The Ranums' Panat Times

 

Home

New!

Orest's pages

Patricia's pages

Sources

Panat

 Contact us 

See the rest of our "Fugitive Pieces" about Jesuits 

 Return to opening page of Ranums' Panat Times
Go to the list of transcribed sources

Music at the Jesuit Schools in France

This collection of "Fugitive Pieces" comes from the handwritten Nouvelles écclesiastiques circulated by the circle of Basil Fouquet (at the BNF). Owing to the fact that this "Church News" is quite Jansenist in orientation, the Jesuits — and especially the theatrical performances at the different collèges run by the Reverend Fathers — are a frequent target of criticism. Still, if one subtracts the hyperbole, certain constants emerge and help us add a bit of flesh to the descriptions of such performances that are published in the press. Above all, these often burlesque descriptions give us a better idea of the context in which Charpentier worked while "music master" at the Collège de Clermont.

Early June 1676: the Jesuits of Sens had their pupils give a "comédie qui encherit en Impertinance en tout ce qu'ils sçavent faire en pareilles occasions où ils depravent l'esprit et le coeur de la jeunesse, les rendant plus propres à estre operateurs de farce et comediens masqués qu'à passer au seminaire ou à la clericature où la pluspart sont destinés... Les jesuites donc firent danser la Religion, la croix à la main, et St Savinien aussi, apostre des Senonois, habillé en evesque, c'est à dire une croix pectorale sur un juxtacorps de velours noir.... Cette piece estoit intitulée Savinianus.... " The bishop of Sens, to whom it was dedicated, attended "et il temoigna autant de surprise que de chagrin de ces croix que les Jesuites fesoient danser et de l'education burlesque que ces grammairiens donnent à la jeunesse chrestienne qu'on leur confie....", (Ms. fr. 23506, fol. 157)

August 1689: re the student opera at the Collège de Clermont (Collège de Louis le Grand), of which Charpentier appears to have been the master of music at the time: "Les bons et Reverends peres jesuites viennent de donner une tragedie et un ballet à Paris. Voicy le titre de l'un et de l'autre, imprimée: ‘Polymestor [see the end of this entry!], Tragedie sera representée sur le theatre du College de Louis le Grand des peres de la compagnie de Jesus pour la distribution des prix fondés par sa Majesté, le xvii aout à une heure aprés midy. Sigalion ou le secret, ballet qui sera dansé à la tragedie de Polymestor sur le théatre du College de Louis le Grand des peres de la compagnie de Jesus, à Paris chez Martin, etc.'
      Les acteurs de la tragedie ont des noms assés obscurs, mais les noms qualifiez pourtant en petit nombre sont reservés au ballet. Entre les six Ecoliers qui y dansent vous y remarquerés Louis de Villeroy. Ce jour privilegié hommes, femmes, filles, garçons, abbés, abbesses, moynes et moynesses, tout y entrera pesle mesle sur le billet de leur Reverences. Cette confusion donne je ne scay quelle idée de leur theologie sur tout morale et probabiliste, et de leurs absolutions precipitées sur toute sorte de cas. Les fenetres des pensionnaires estoint remplies de petits amphitheatres de femmes et de filles perchées comme elles pouvoient. La cour semée de theatres couverts de chaizes de paille que les femmes et filles meslées avec abbés et moynes et gens de toute espece louoient vingt sols piece, c'est à dire plus cher qu'aux sermons des bons peres. Quelques jesuites estoint entremeslés à telle fin que de raison. Tous les personnages y furent representés au naturel. La Nuict parut d'abord avec une espece d'habit de benedictins, et on y en railla sur le theatre des benedictins secrets ou non, car il s'agissoit du secret, qui est un idole aussy reveré dans la compagnie que jamais. Certains heretiques percurseurs de equivoques qui disoient jura perjura secretum pordere noli l'ont pu cultiver. Les Sybilles, les Phées, les curieux vienent ensuite tout vestus des livrées propres à leur profession, puis les chimistes et les sorciers paroissent en ce lieu auguste où l'eau benite ne leur auroit pas fait peur. Dans la seconde partie les ecrivains, les gazetiers et les colporteurs se montrent avec des robes de palais et des sacs de papiers en main. Les yvrognes suivent en habit de paysans, leur bouteille à la main d'un costé et le verre de l'autre, à peu pres comme chés le pere Morophile d'Orléans
[this is a play they criticized at the collège of Orleans]. On ne pouvoit pas mieux contrefaire l'yvrogne qu'ils faisoient, tantot beuvant en effet et tantot bronchant en aparence. Tous ces honnetes gens, disciples et eleves de la compagnie de Jésus, avoient des masques de careme prenant à leur visage, en depit de la lettre pastorale du grand de Gondrin, archeveque de Sens. Aussy estoit-il ennemi juré ou plutôt chrestien de la Société quand elle paganizoit pour la remettre dans son devoir. Les enfans, Momus, les Bohemiens finissent la seconde partie. Dans la troisieme le conseil de Sigalion, autrement secret, est composé d'Areopagites et de Pithagoriciens. Les grands capitaines y enseignent l'idolatrie à leurs soldats, faisant reverer Minotaure. Les Empyriques feodataires du secret prenent soin de l'hopital de l'armée. Les Vieillards confiden[ts] du secret gardent le bagage. Les playdeurs et les orateurs emmenent des troupes de mensonges que l'on met au corps de reserve en cas de besoin.
      La quatrieme [partie] merite d'estre descrite toute entiere, tant elle est conforme à la profession religieuse et à l'education de la jeunesse. 1ere entrée: Sigalion déchaine les Bacchantes contre Penthée, qui le dechirent pour avoir voulu decouvrir les secrets mysteres de Bacchus. 2e entrée: par son ordre, des furies plongent dans un estang Tantale, coupable d'avoir revelé les secrets des dieux. En vain les amis de ce malheureux prince s'arment pour le defendre. 3e entrée: il fait sortir de la boëte de Pandore, ouverte indiscretement, le demon de la guerre, la discorde, la fureur et le desespoir. 4e entrée: il fait changer le berger Battus en statue de pierre par Mercure, en presence de quelques Bergers, qu'il instruit ainsy à estre plus reservés à garder le secret.
     La conclusion est par un Ballet general qui sera dansé aprés la distribution des prix. Sigalion paroit elevé sur un Trône au milieu de ses officiers. La Renommée, Bacchus, et Momus et ses autres ennemis enchainez relevent l'eclat de son Triomphe.
      Tous les personnages de l'opera et tous les habits de la comedie italiene parurent, meme ceux de feu Harlequin. Tous les danseurs de l'opera y danserent, aussy bien que les ecoliers, meme de la tragedie, que leurs Reverences y avoient fait instruire. Les danseurs de l'opera, comme etrangers plutot que comme excommuniés, eurent les honneurs au college des Reverends peres dedié à Louis le Grand, car ils commençoient l'entrée du ballet de chaque partie, et les devots ecoliers dansoient ensuitte. Toute la musique masle de l'opera y estoit. Que diroint à cela saint Ignace et ses compagnons de ces colonnes de la foy?
" (Ms. fr. 23499, fols 294-95)

NOTE: The entire volume of XVIIe Siècle, January 2008, no. 238, is devoted to Segalion and Polymestor!

1690: at Orléans, the "régents de rhetoric et de seconde... se sont comportez plus modestement dans leurs comedies de ce carnaval que l'an passé. La musique et les danses ont eu l'Intendant pour assistant en l'une et en l'autre action. Celle de Mre ou du Sr Dobrecourt representoit L'Avare; celle de Mre Grazon, surnommé Midrille, regent de second, estoit une pastorale pleine de vers françois, musique, symphonies et danses de bergers à la paysanne. ..." (Ms. fr. 23500, fol. 52v) There is more about this event. Despite the fact that it is Lent, "les bons peres Jesuites ont la charité de travailler de leur mieux à les [the devout] rejouir et d'y prendre leur bonne part. Le premier jour de mars, veille de la mi-careme, le pere ou le maitre d'Aubercourt, regent de rhetorique à Orleans, representa une comedie dans sa classe: outre le concert de violons, basses de viole, clavessin, et autres instrumens, il y eut grand fanfare de tambours, mascardes, jeux de dés et autres rejouissances philosophiques aussy propres au saint temps de Careme qu'à la maison religieuse où elles se donnerent." The plot of the farce is described in detail, after which the reporter concludes: "... c'est à dire, plusieurs heures d'impieté et d'extravagance et une petite fin de fable qui tire sur la morale. ... Maitre Grazon, regent de l'humanité, alias Midville, prepare un autre opera pour la semaine suivante ou celle de la passion ... c'est la comedie des visionnaires..." (Ms. fr. 23500, fols 85-86)

August 1691: in an unspecified city, "L'opera des Jesuites autrefois Tragedie a causé en ces mois de bien plus grands desordres qu'à l'ordinaire. Les mousquetaires se sont battus à diverse reprises avec les Suisses qui avoint voulu prendre le party des vendeurs de limonade et de biscuitz rependus en divers endroits du parterre. Les mousquetaires mirent l'epée à la main et un d'eux a esté tres dangeureusement blessé. Les cris et les lamentations des femmes culbuttées dans le desordre, qui s'etoufoient et se jettoient où elles pouvoint pour eviter la peur, la presse et les coups, suivirent leurs coeffes, furent chiffonnées ou dechirées, leurs fontages abbatuës, et les modestes Jesuites mettoient leurs gros bonnets devant les yeux pour ne pas voir ce qu'elles ne vouloient pas leur montrer, et qui ne laissoit pas de paroitre; ... la querelle monta sur le theatre, où des religieux se sont battus, et meme pris par la barbe aparament pour des places; le theatre des auteurs s'est renversé, en sort qu'aprez le second acte il fallut donner les prix et finir. Les acteurs se donnerent quelques coups sur le theatre, et au sortir de la piece deux d'entre eux s'allerent battre...." (Ms. fr. 23501, fol. 105v)