Testament of François Chapperon
AN, MC, LXIX, 171, May 12, 1698
Chapperon had been bedridden for more than three weeks when died. With his
own hand he penned the following will a week before his demise.
May 20, 1698: "Ce jour Monsr le Tresorier [the title borne
by the abbot of the Sainte- Chapelle] a assemblé la Compagnie dans
la sacristie immédiatement après la grande messem à
l'occasion de la mort de Mre François Chaperon, maistre
de musique, lequel est décédé ce matin sur les quatre
heures et demie après avoir esté alité plus de trois
semaines, pendant lequel temps il a reçu la viatique et l'extême
onction. Elle a aresté de l'enterrer demain après la grande
messe dans le cimitière conformément à sa dernière
volonté marqué dans son testament [see below, paragraph
2], et de chanter aujourd'huy après les Vespres, les vespres des
morts et les matines à neuf leçons et demain après les
matines et laudes du jour, les laudes des morts pour le repos de son ame:
Monsieur Gobert, Chantre, y officiera." (Brenet, p. 259)
On the plan from the Terrier du Roi, showing
the Cour du Palais, the cemetery takes the
form of a semi-circle that embraces the choir of the Sainte-Chapelle and
that is separated from public view by a wall of shops that face outwards
toward the "Cour du Palais ou du May." Access to the cemetery was
gained by a small gate (number 38) just off the right side of
a contemporary engraving of the courtyard of
the Palais, near the bottom of the steps leading up to the upper
Sainte-Chapelle.
Apres avoir invoqué Dieu et l'avoir tres humblement supplié
de me faire misericorde par les merites de Notre Seigneur Jesus Christ et
par l'intercession de la tres Sainte Vierge sa mere et de StFrançois
mon patron, je fais mon testament et ordinance de derniere volonté.
Ainsi qu'il suit:
Premierement, je desire qu'apres que mon ame sera separée de mon corps,
que mon corps soit inhumé dans le cimetiere de la Ste Chapelle, et
que mes obseques et funerailles soient faites avec beaucoup de modestie et
avec le moins de despenses que faire se poura et que le jour de mon deceds
l'on faisse dire pour le repos de mon ame trente messes en telle eglise qu'il
plaira à mes executeurs testamentaires.
Avant que de faire aucune disposition il faut que je declare en quoy le peu
de biens que Dieu m'a donné conciste et ce que je dois.
À l'egard de mon bien, il consiste en une petitte maisonnette et jardin
size en la ville de StDenis.
Plus en ce qui me sera deub lors de mon deceds par Mess de la Chambre des
comptes à cause du payement que j'ay fait à Mr
Ouvrard, mon predecesseur, lorsque je suis entré en la maitrise de
la Ste Chappelle, ledit sieur Ouvrard estant en advance d'une
année sur les retributions qui se payent de trois mois en trois
mois pour la nouriture des Enfants, de maitres de Musique et de grammaire
et des serviteurs et servantes, pour quoy faire j'empruntay lors trois
mil livres de Mr Vorse procureur au grand Conseil, que je donnay
audit sieur Ouvrard; et je receus sur ses quittances sur les mendements que
luy furent donnez par la Chambre des comptes de trois mois en trois mois
ce qui luy estoit deub et dont il estoit en avance; laquelle avance ainsi
par moy faitte en entrant en ladite maitrise doit estre rendue à mes
heritiers apres mon deceds par Messrs de la Chambre des comptes
de trois mois en trois mois jusqu'à la concurrence de ce qui me sera
deu, ce qui servira pour l'acquit de mes debtes et les leds [legs] particuliers
que je fairay ci apres. Et si cela n'est pas suffisant sur les deniers qui
proviendront de la vente de mes meubles auquel effet ce qui me sera deub
par Mess. de la Chambre des comptes sera receu par mes executeurs testamentaires
sur leurs quittances.
[Was this payment of 3000 livres to the previous master (or
his heirs) the equivalent of a purchase of the office? That is to say, the
inventory drawn up after the death of Marc-Antoine Charpentier's elder sister,
Étiennette, shows that the composer who succeeded Chapperon
on June 28, 1698 borrowed 2700 livres from her on January 12,
1699, borrowed another 122 livres on January 12, 1700, and 70 more
livres on April 24 of the same year, for a total of 2892 livres
just 8 livres short of the 3000 livres mentioned by Chapperon.]
Plus en mes meubles, vaisselle d'argent, linges et hardes qui se trouveront
lors de mon deceds.
Quant à mes debtes:
Je dois à mondit Monsieur Vorse la somme de mil livres restante à
payer de celle de trois mil livres quil m'avoit cy devant restée comme
j'ay dit ci dessus; et pour laquelle somme je luy avoit constituée
150 lt de rente et les arrerages qui ce trouveront deubs de ladite
somme de mil livres depuis sa derniere quittance, laquelle somme de mille
livres et lesdites arrerages je veux luy etre payez et remboursez tant sur
les deniers qui proviendront de ce qui m'est deub par Messrs de
la Chambre des comptes que sur les deniers qui proviendront de la vente de
mes meubles.
Puis je doib à Margueritte Chouart, ma servante, la somme de trois
cent livres pour argent qu'elle ma preté dont elle a mon billet, et
ses gages à raison de cent livres par an depuis le premier janvier
1698, luy ayant paié ses gages echeus au precedent. Laquelle somme
de 300 lt et ce qui lui sera deub pour ses gages, je veux luy
etre paiez des premiers deniers qui proviendront soit de ce qui m'est deub
par mesdits sieurs de la Chambre des comptes soit de la vente de mes meubles.
Apres mes debtes paiez et acquittées et mes frais funeraires et frais
de la justice aussi acquitez:
Je donne et legue à Claude Chapperon mon frere la somme de cent livres
une fois paiée; et le plafons, frise et lambris qui sont dans ma sale,
celuy qui est dans le vestibule, celuy ma chambre et ceux qui sont dans les
deux petits cabinets.
[Claude Chapperon was a painter. Was he the artist who had painted
the canvases that decorated the ceilings and the lambris of François
Chapperon's salle and vestibule?]
Je donne et legue à Genevieve Chapperon ma seur cent cinquente livres
une fois paiée.
Je donne et legue à Germain Chapperon mon neveu la somme de deux cents
quarante livres une fois paiée, sçavoir cent vint livres pour
acquitter et amortir une rente à la charge de laquelle il a pris à
bail d'eritage une piece de vigne size au terroir de Garges, et les autres
cent vint livres pour acquitter une piece de terre size audit lieu de valleur
de pareille somme, à la charge que l'une et l'autre desdits deux heritages
apartiendront à ses enfans, et l'usufruit à luy et à
sa femme pour en jouir leur vie durant sans que lesdits deux heritages puissent
estre par eux vendus ni par leurs creanciers, mon intention estant qu'ils
apartiennent à leurs enfants apres leur deceds, suppliant mes executeurs
testamentaires tres humblement d'avoir la charité de tenir la main
audit rachat et l'acquisition desdits heritages avec declaration dans les
contracts et quittances que les deniers ont esté par moy donnez à
cette condition.
Je donne et legue à Guillaume Chapperon mon neveu que j'ay mis en
apprentissage chez Jean Guin, maistre menuisier à Paris jusques à
la concurrence de la somme de 300 lt compris en ladite somme ce
que j'ay desja donné pour luy pour le premier payement de son
apprentissage. Et le surplus pour ce qui conviendra tant pour achever le
payement de la somme convenue tant pour son apprentissage que pour son entretien
pendant le temps d'iceluy.
Je donne et legue à Michel Chapperon aussy mon neveu, frere dudit
Guillaume Chapperon, pareille somme de 30 lt pour le mettre en
metier le prix de son apprentissage et fournir à son entretien pendant
le temps d'iceluy. Je supplie encore mes executeurs testamentaires de tenir
la main à l'execution de ces deux articles.
Je donne et legue à Genevieve Chapperon ma niece mon portrait qui
est dans ma chambre avec sa bordure ornée de bandes de glace et l'armoire
de bois de noyer qui est dans mon vestibule. Et outre ce, apres mes debtes
payées et mon present testament accompli, je luy donne le surplus
de ce qui restera de mes biens en quoy qu'il puiss[ent] concister, la faisant
ma legataire universelle.
Je donne et lege à Marianne Brunet ma niece la somme de cent livres
une fois payée.
Je donne et legue à Jean Brunet mon neveu ma petite maison et jardin
size à St Denis et la somme de cent livres une fois
payée.
Je donne et legue à mon encien ami Monsr Vorse, procureur
au grand Conseil, à Madelle Marie Pichon son epouse et
au dernier restant des deux ma tapisserie de grotesque sur des panneaux de
serge violette avec des bandes de velours à la turque dans l'estat
où [elle] se trouve n'estant point encor montée. Outre ce,
je leur donne et legue mes deux grands lustres garnis de glace et mes deux
autres moindres qui ne sont point encor garnis, dont l'un represente les
quatre saisons et l'autre les quatre elements. Et une garniture de porte
consistant en cinq vases de cristal bleu et dorez et de quatre piramides.
Je les supplie tres humblement de recevoir ces petits temoignages que je
leur rend pour les services qu'ils ont eu la bonté de me rendre dans
touttes mes affaires et pour les prier de se souvenir de notres ancienne
amitié.
Je donne et legue à mon cher amy Mr Soucy, avocat, le tableau
de la cheminée de ma chambre qui represente plusieurs de ses amys
[Chapperon's inventory calls it a "concert de
musique"], auquel on fera faire une bordure dorée,
ma bourse de jettons d'argent et les trois figures bronsées qui sont
dans ma salle avec celle qui est dans ma chambre de pareille grandeur avec
les consolles qui les soutiennent. [According to his inventory, these
statues, which do not appear to be bronzed plaster like many of the statues
in the apartment, represented four virtues.]
Je donne et legue à mon cher confrere Mr Fradet, pretre
de St Germain l'Auxerois [doubtlessly an old friend from
the days when Chapperon was master at Saint-Germain l'Auxerrois],
les deux plaques ovalles [according to the inventory, they are carved
wooden reliefs] qui sont de mon vestibule, le bas relief de marbre
qui represent un concert d'enfants et sa bordure dorée
[which decorated his "salle"] et quatre moiennes figures
de platres qui sont dans mon petit cabinet qui represente[nt] quatre apostre,
pour se souvenir de notre amitié.
Je donne et legue à Mr Lalouette son portrait qui
est dans ma chambre avec sa bordure que j'ay fait faire par Mr
Fouché, que je gardois avec plaisir par l'amitié que je
luy ay toujours portée. [This clause corroborates that
Chapperon and Lalouette were close friends, see Brenet, p. 260, n.8].
Je donne et legue à Mr Alexandre mon epinette qui est
dans une boette.
Je donne et legue à Madelle Louyse Guichard, femme de Mons.
D'Artois, procureur en parlement, mon portrait de pastel. [Judging
from AN, MC, XVI, 611, inventory of Henri Guichard, greffier et receveur
des épices du grand Conseil, in the presence of the same Michel Vorse,
May 15, 1698, Louise Guichard is a close relative of Henri's. This
Henri Guichard is not, however, the Henri Guichard who was an Orléans
protégé and left France in 1680 after making a threat on Lully's
life.]
Je donne et legue à Mademoiselle Françoise d'Artois ma filleule,
fille dudit Monsr D'Artois, ma petitte grotte qui est dans ma
salle où est representée l'Asomption de la Ste Vierge et son
tombeau, et l'epinette avec son pied qui est dans ma salle, pour
l'affection que je luy porte et affin qu'elle se souvienne de moy.
Je donne et legue à Madame Guichard la mere deux petits tableaux à
l'uille qui sont à la ruelle de mon lict qui represente[nt] l'un
l'esperance et l'autre la foy.
Je donne et legue à Mademoiselle He[n]ri[e]tte Le Dean ma Vierge et
le petit Jesus de sire qui est dans une layette qui est dans mon cabinet
long afin qu'elle se souvienne de moy dans ses prieres.
Je donne et legue à François Le Dean mon filleul, mon bas relief
de marbre qui represente la nativité de notre Seigneur pour le faire
souvenir que Dieu c'est [s'est] servi de moy pour le faire Chrestien.
Je donne et legue à Margueritte Chouart ma servant la somme de cent
livres une fois paiée.
Je donne et legue à Armand mon domestique pareille somme de cent livres
une fois payée, et outre ce la bonne basse de violon dont il se
sert actuellement, celle qui est chez Mr D'Artois, qui m'appartient,
le tuorbe et l'autre basse qui est dans mon cabinet long, et la violle qui
est chez Mr de Kays, chappelain ordinaire de la Ste
Chappelle.
[Chapperon apparently had loaned this instrument to his colleague
Louis de Kais (Caix), chapelain ordinaire, so that the chapelain's nephew
Louis De Caix d'Hervelois would practice. For, for August
3, 1697, the records of the Sainte-Chapelle show that the chaplain had "avec
luy un neveu qui s'estudie à jouer de la basse de viole dont le bruit
incommode [Monsieur Dongois]; que puisqu'il y a dans le mesme escalier
une chambre qui n'est point occupée, il prie la Compagnie d'en permettre
l'usage à son neveu à condition d'en rendre la clef sitôt
qu'elle la desirera. L'affaire mis en deliberation, elle luy a accordé
l'usage de la chambre." (Brenet, p. 258)]
Je donne et legue à Monsieur Minard beneficier en l'eglise de Meaux
un petit tableau qui represente Notre Seigneur qui donne les clefs à
St Pierre pour se souvenir de moy.
Pour ce qui [est] des comptes que j'ay à faire avec Maistre Jean Guin
maitre menuisier [the master to whom Chapperon's nephew was
apprenticed] pour des ouvrages qu'il a fait pour moy, on trouvera
dans mon armoire de bois de chesne qui est dans mon vestibule que mes executeurs
testamentaires auront, s'il leur plaist, la bonté d'examiner et les
mettre à leurs justes valeur; et si il passent la somme qu'il me doit,
on luy paiera le surplus; et s'il me redoit quelque chose par dessus la somme,
je le luy donne. Il me doit deux cents livres par une obligation par devant
notaire et environ cintquant cinq livres ou environ qui luy seront alouez
pour cinquent livres.
Et pour executer et accomplir le present testament je supplie Monr
Vorse et Monsr Soucy, mes chers amis, d'en prendre la peine et
d'agreer les deux petits articles qui les concerne[nt] dans le present testament.
Le present à [est] petit mais il est proportionné à
mon peu de faculté. J'espere de leur amitié qu'ils voudront
bien me faire cette grace, me decisissant à cet effect entre leurs
mains de tous mes biens suivant la coutume. Fait à Paris ce douzieme
may mil six cens quatre vint dix huict.
CHAPPERON
[Added by the notaries who received the will:]
Paraphé ne varietur suivant nostre proces verbal de ce jour fait le
vingtiesme may mil six cens quatre vingt dix huit, CHEFDEVILLE.
Le present testament et son enveloppe y jointe ont esté deposé
pour minutte par Monsieur le bailly du Palais ou Monsieur son subdelegué
à Lefebvre, l'un des conseillers du Roy notaire gardenotes et gardescels
à Paris soussignez, en la demeure dudit sieur Chapperon testateur,
presentement deffunt, Court du Palais, où il s'estoit expres
transporté à la requisition des sieurs executeurs dudit testament
ainsy qu'il se voit par le proces verbal dudit sieur subdelegué de
cejourd'huy vingt may mvic quatre vingts dix huit resté
au greffier dudit baillage du Palais.
AVELINE
LEFEBVRE
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