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Fronde 1648 The Fronde Newsletters for 1648: December 1648 /1/
De
Paris le 25 decembre 1648 Le 21 la Chambre des comptes de la Cour des aydes furent mandés au Palais Royal où elles se trouverent par depputés, ausquelz on representat la necessité des affaires du Roy, qui estoit obligé d'emprunter 10 ou 12 millions pour donner ordre au preparatifz de la campagne prochaine et qu'il faloit que Sa M. les /1v/ assignat sur les tailles. M. le Chancellier les exhortat de ne retarder point se secours, les asseurant qu'ilz auroint toutte la satisfaction possible. Il dit particulièrement à MM. Aydes que la Reyne attendoit qu'ils explicassent la modification qu'ilz ont apposée au premier article de la declaration, en sorte qu'elle ostat la crainte à ceux qui voudroint faire des advances, lesquelles estoint absoluement necessaires dans le besoing present. Il n'y eut que le premier president de la Cour des aydes qui parlat et representat les raisons que la Compagnie avoit eu de modifier le premier article de la déclaration par les deffenses de faire les traictes des tailles qui ruinoint les affaires du Roy aussy bien que le peuple, dont il remonstrat la misere et par mesme moyen l'avarice des partisans. M. le Chancelier replicquat que si les despenses ont esté grandes jusques icy, l'employ en paroissoit dans les grandes conquestes faictes par les armes du roy, et qu'on pouvoit imiter Scipion lors qu'estant recherché pour le maniement des finances des Romains, il y respondit qu'à pareil jour il avoit obtenu une grande victoire sur les ennemis. M. le Premier President repartit qu'il falloit esperer peu du peuple par le moyen des tailles tant que les soldatz les ruyneroint, à quoy la Reyne respondit qu'ils en feroint bien davantage si on ne donnoit ordre à leur payement,et M. le duc d'Orleans dict que s'estoit son affaire. Messieurs les depputtés dirent que l'on resoudroit le lendemain au matin ce que l'on devoit faire là dessus, et sortirent, mais comme ils feurent au bas de l'escallier du Palais Royal, M. Ravou, advocat general de la Cour des aydes, qui estoit demeuré le dernier, remontat seul et feut dire à la Reyne que la Compagnie n'avoit pas donné ordre à M. Amelot, premier president, de parler et qu'elle le desadvo[uo]it, mais on dict que ce sont des adversions particulieres qu'on a contre luy et de fait l'on remarquat que le lendemain, apres qu'il eut faict son rapport à la Cour de ce qu'il avoit faict au Palais Royal, M. le president Le Noir l'en remertiat au nom de la Compagnie, qu'il remit au lendemain la desliberation qu'on devoit faire là dessus. /2/ Le 23 la Cour des aydes donnat arrest par lequel on expliquat la modification du premier article de la déclaration. Elle consentit à l'advance de deux quartiers sur les tailles. Le mesme jour M. le Prince presentat requeste au Parlement par laquelle il demande la verification du don qu'il luy a esté faict des terres de Clermont, Jametz, et Stenay en tiltre de principauté. Ceste requeste sera raportée apres les festes. La Cour des monnoyes ayant donné un arrest portant que touttes les pieces de 58 sols qui sont de la fabrique des Indes seront mises au billon comme estant de tres bas argent, M. le Chancelier a empesché jusques icy que cest arrest ne feut publié. On dit que Mme de Chevreuse doibt presenter requeste au Parlement pour demander son retour. On asseure aussi que MM. de Vendosme et Beaufort ne sont pas satisfaicts de la negotiation que M. de Moercur faict icy pour eux, et qu'ilz desadvouent une partie de son proceddé. Le 18 du courant on despeschat un courrier à Rome par lequel la Reyne escrivit au Pape qu'elle le prioit de faire une promotion extraordinaire pour M. le Prince et une ordinaire pour les couronnes, dans lesquelles Sa M. le prioit de vouloir comprendre M. l'abbé de La Riviere. M. le duc d'Orleans escrivit une lettre à Sa Sainteté conforme à celle icy, une à la Seignora Olimpia, et une autre au Cardinal Panzerole, les priant de vouloir appuyer cette affaire par le credit que leur merite leur donne aupres de Sa Sainteté. S.A.R. et mareschal de La Meilleray sont malades des gouttes despuis 5 ou 6 jours. M. le prince d'Arcourt, ayant apris que M. le comte de la Noy , son beaupere, estoit malade à l'extremité, partit le 19 pour l'aller treuver à Montreuil et en revient le 22, l'ayant laissé en melieure santée. /2v/ Un gentilhomme de M. le Cardinal partit d'icy le 23 pour aller porter à M. le mareschal de Turenne des lettres de change pour 200 mille escus. On dit que la Reyne promet d'esloigner les trouppes qui sont autour de Paris lors que le Parlement aura finy des assemblées et que les presidents Viole, de Novion, et de Blanmesnil ont refusé des grandz avantages qu'on leur a offert à la Cour, aymant mieux persister dans l'opiniastreté de leurs sentimentz. Le dernier a refusé (dit-on) le coadjutorie de l'evesché de Beauvais, qui appartient à son oncle. M. le coadjuteur de Paris a faict des grandes plaintes à M. de Senneterre des desordres qu'a commis le regiment de M. de la Ferté, son fils, à Noysy le Sec, à 6 lieues d'icy, qui appartient à M. l'Archevesque. Le regiment de Conty et quelques autres qui font environ le nombre de 2 [mille] hommes, ayans eu leurs quartiers à Troyes en Champagne, ont demeuré quelques jours autour de la ville et font des desordres, ce qui a obligé les bourgeois de sommer les chefz de faire entrer leurs soldatz dans la ville, lesquelz estant logés dedans ont esté desarmés par les bourgeois, qui ont porté leurs armes dans l'Hostel de Ville, où ilz ont dict qu'elles seront gardées jusques à ce qu'ilz s'en aillent. M. le Mareschal du Plessis arrivat icy avant hyer. M. le Prince a obtenu le delogement de 6 compagnies de gens de guerre de 12 qu'il y en avoit à Sens en Bourgogne.
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